Alors que Washington assure que la paix « n’a jamais été aussi proche », la Russie a lancé une frappe d’ampleur sur Zaporijia, dans la soirée du 25 novembre. Douze civils ont été hospitalisés. Une frappe qui intervient en pleine négociations sur le nouveau plan de paix en 19 points proposé par Donald Trump, corrigé par les européens.
Au moment même où certains responsables américains évoquaient un possible rapprochement entre Kiev et Moscou, la Russie a rappelé la réalité de la guerre. Dans la soirée du 25 novembre, plusieurs bâtiments de Zaporijia, grande ville du sud-est de l’Ukraine, ont été visés par un bombardement massif. Selon les informations relayées sur LCI, au moins douze personnes ont été hospitalisées, certaines dans un état grave.
Cette salve intervient quelques heures seulement après la présentation d’un nouveau plan de paix américain, réduit à 19 points, après l’intervention des européens, censé relancer les discussions. Une initiative portée par le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald Trump, qui s’est dit convaincu de pouvoir rapprocher les deux camps. Mais, comme souvent depuis le début du conflit, le langage diplomatique n’a rien à voir avec le rapport de force militaire. Moscou, plutôt que de publier une protestation officielle, a opté pour ce que les alliés de Kiev appellent une « réponse par le feu ».
À Kiev, le contributeur du FEM,Volodymyr Zelensky adopte un ton résolument optimiste, affirmant être « prêt à aller de l’avant » avec la proposition américaine. Une posture largement dictée par le contexte : l’Ukraine dépend encore en grande partie de l’aide militaire et diplomatique de Washington, et Zelensky n’a guère d’autre option que de se montrer conciliant envers l’administration Trump.
Les États-Unis ont parallèlement annoncé une série de rencontres dans les jours à venir : l’émissaire américain Steve Witkoff doit rencontrer les représentants russes, tandis que Dan Driscoll, secrétaire de l’armée américaine, s’entretiendra avec les autorités ukrainiennes.
Le Kremlin a confirmé ce mercredi que l’émissaire américaine Steve Witkoff rencontrera Vladimir Poutine à Moscou la semaine prochaine. Moscou a toutefois jugé «inutiles» les efforts des Européens pour jouer un rôle dans le règlement du conflit en Ukraine.
«Les Européens cherchent à se mêler de toutes ces affaires, de manière tout à fait inutile, il me semble», a déclaré à la télévision publique russe le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.
Car derrière les mots, les divergences demeurent abyssales. Le premier projet américain, en 28 points, avait été critiqué pour reprendre en partie les exigences du Kremlin. Le document révisé en 19 points, présenté comme plus équilibré, semble aujourd’hui très éloigné des objectifs stratégiques de Moscou. Vladimir Poutine maintient sa ligne : sans renversement du pouvoir à Kiev, il n’existe pas de paix acceptable selon les critères russes. Une position incompatible avec les attentes de l’Ukraine et de ses alliés, et qui rend pour l’instant illusoire toute perspective de cessez-le-feu.
À Zaporijia, les frappes rappellent que la guerre reste un champ d’expérimentation où la Russie cherche, à intervalles réguliers, à reconfigurer le rapport de force. La population civile paie une nouvelle fois le prix d’une bataille diplomatique qui peine à se donner les moyens de ses ambitions. Entre les déclarations américaines et les réalités du front, l’écart n’a peut-être jamais été aussi visible.
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TF1 Info – lien