Une semaine après le suicide de Camélia, 17 ans, de nouveaux éléments mettent en lumière les circonstances d’un drame survenu en Seine-et-Marne. Victime présumée de harcèlement scolaire, l’adolescente avait été convoquée par le proviseur de son lycée quelques heures avant sa mort. Ses derniers messages, adressés à sa mère, interrogent aujourd’hui le rôle de l’institution scolaire face à la détresse des élèves.
Le 13 janvier, Camélia, 17 ans, a mis fin à ses jours dans la gare de Villeparisis-Mitry-Le-Neuf, en Seine-et-Marne. Sept jours plus tard, les révélations sur les heures qui ont précédé sa mort bouleversent à nouveau l’opinion publique. Selon ses proches, l’adolescente se disait victime de harcèlement scolaire depuis plusieurs semaines, une situation dont l’établissement avait été officiellement informé par la famille.
Camélia était scolarisée au lycée Honoré-de-Balzac, à Mitry-Mory. D’après les éléments révélés par la presse, la direction avait reçu un courrier alertant sur les faits de harcèlement dès la semaine précédant le drame. La veille de sa mort, la jeune fille avait déjà été convoquée par le proviseur, en présence de ses camarades mis en cause. Dans des échanges écrits avec sa mère, elle décrivait un entretien tendu, évoquant la colère du chef d’établissement.
Le lendemain, mardi 13 janvier, Camélia est à nouveau appelée dans le bureau du proviseur en fin d’après-midi. L’entretien dure environ trente minutes. À sa sortie, la lycéenne envoie plusieurs messages à sa mère, auxquels Le Parisien a eu accès. À 16 h 32, elle écrit : « Ils ont dit que c’est moi la fautive et que j’aurai une sanction disciplinaire. Je t’aime de tout mon cœur. » Quelques minutes plus tard, elle ajoute : « Il a dit que je me victimise. » Puis, à 16 h 46, ces derniers mots : « En tout cas, je t’aime et t’es la meilleure maman du monde. »
Moins d’une heure après cette convocation, Camélia quitte son établissement. Elle se donnera la mort vers 17 h 30, à la gare, bouleversant durablement sa famille. Pour les proches, la succession des événements et la perception d’une mise en cause de la victime posent de lourdes questions sur la prise en charge du harcèlement scolaire et sur l’écoute accordée à la parole des adolescents en détresse.
Face à l’émotion suscitée par cette affaire, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative confiée à l’Inspection générale de l’éducation nationale, du sport et de la recherche. Sur le plan judiciaire, le parquet de Meaux a ouvert deux enquêtes distinctes : l’une pour déterminer précisément les causes du décès, l’autre portant sur les faits de harcèlement scolaire dénoncés par la famille.
Parallèlement, les proches de Camélia ont déposé plainte contre les harceleurs présumés ainsi que contre le proviseur de l’établissement. Cette procédure vise à établir d’éventuelles responsabilités et à comprendre si les alertes émises ont été traitées de manière appropriée.
Sources :
Le Parisien – Révélations sur le suicide de Camélia – janvier 2026 – https://www.leparisien.fr
AFP – Informations judiciaires et administratives – janvier 2026