La justice suédoise a condamné trois mineurs impliqués dans un projet d’assassinat visant le chercheur iranien Arvin Khoshnood, opposant au régime de Téhéran. L’affaire met en lumière les soupçons de liens entre réseaux criminels suédois et intérêts iraniens, dans un contexte de tensions croissantes autour des dissidents exilés.
La Suède est confrontée à une affaire aux implications géopolitiques sensibles. Le jeudi 21 mai 2026, trois mineurs ont été condamnés à des placements en centre fermé pour avoir préparé le meurtre d’Arvin Khoshnood, chercheur indépendant iranien installé en Suède et connu pour son soutien à Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran.
Les faits remontent au 2 septembre 2025. Ce jour-là, l’un des adolescents condamnés, alors âgé de 16 ans, s’était présenté armé d’un couteau au domicile du chercheur à Malmö, dans le sud du pays. Selon l’acte d’accusation, le jeune homme avait demandé à l’épouse d’Arvin Khoshnood si celui-ci se trouvait chez lui.
Le chercheur, présent à l’intérieur de la maison, avait immédiatement alerté la police sans ouvrir sa porte. Depuis cette tentative, il vit caché à une autre adresse pour des raisons de sécurité.
Un contrat à 27 000 euros
Le tribunal d’Uddevalla a estimé qu’il était établi que le jeune homme « s’est muni d’un couteau et s’est rendu au domicile de la victime dans l’intention de le tuer ». Toutefois, les juges ont considéré que les éléments ne permettaient pas de retenir la qualification de tentative de meurtre, requalifiant les faits en « actes préparatoires au meurtre ».
L’enquête révèle que l’adolescent avait été recruté via des messageries cryptées par l’intermédiaire des deux autres mineurs condamnés. Selon les autorités, la tête du chercheur iranien avait été mise à prix pour 300 000 couronnes suédoises, soit environ 27 000 euros.
Le commanditaire présumé utilisait le pseudonyme « Tartarus » sur l’application chiffrée Signal. Son identité n’a toutefois pas pu être formellement établie durant l’enquête préliminaire.
Des soupçons de liens avec l’Iran
L’affaire a rapidement pris une dimension politique. Arvin Khoshnood affirme que ce projet d’assassinat aurait été commandité par un réseau criminel lié aux autorités iraniennes.
Selon des informations relayées par la chaîne publique suédoise SVT, une figure importante du crime organisé, disposant de la double nationalité suédoise et iranienne, pourrait être associée à l’alias « Tartarus ». Cet individu se serait installé en Iran et travaillerait désormais pour la République islamique.
Le procureur chargé du dossier n’a toutefois pas souhaité commenter l’éventuelle implication directe d’une puissance étrangère dans cette affaire sensible.
L’exploitation des mineurs par les réseaux criminels
Ce dossier illustre également une tendance préoccupante observée en Suède : l’utilisation croissante de mineurs par les réseaux criminels pour exécuter des missions violentes.
Les autorités suédoises constatent depuis plusieurs années que des adolescents sont recrutés comme « exécutants », notamment parce qu’ils bénéficient d’un régime pénal plus favorable.
L’avocat Jakob Sjödin, qui défendait l’un des jeunes condamnés, a expliqué à l’AFP que « comme dans l’immense majorité des cas impliquant de jeunes exécutants, leur jeunesse et leur manque de discernement sont exploités ». Selon lui, ces adolescents sont manipulés par des commanditaires qui évitent ainsi de s’exposer directement.
Une pression croissante sur les opposants iraniens en exil
Cette affaire intervient dans un contexte de surveillance accrue des activités iraniennes à l’étranger. Plusieurs pays européens ont ces dernières années accusé Téhéran d’avoir recours à des réseaux criminels ou à des intermédiaires pour intimider, surveiller ou cibler des opposants installés en Europe. Le cas d’Arvin Khoshnood illustre les inquiétudes grandissantes autour de la sécurité des dissidents iraniens vivant sur le continent européen, alors que les tensions diplomatiques avec la République islamique restent particulièrement élevées.
Sources :
Le Figaro
The Times of Israel
