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Siege de la DGSI à Villiers. Photo : @Thomon

Stations de police chinoises clandestines : comment la DGSI a agi en France

Le contre-espionnage français a conduit, à partir de 2022, des opérations visant à faire fermer neuf structures chinoises non déclarées opérant sur le territoire national. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) les a officiellement recensées comme des relais liés à des administrations locales chinoises, utilisés notamment pour surveiller et contrôler la diaspora.

La DGSI a officiellement confirmé, dans une réponse du ministère de l’Intérieur publiée au Journal officiel le 3 juin 2025, l’existence de neuf structures chinoises non déclarées opérant sur le sol français. Ce document, adressé en réponse à une question écrite de la députée Renaissance Constance Le Grip, précise que ces relais sont liés à des collectivités ou administrations locales chinoises, dont certaines relèvent de la police ou de tribunaux locaux. Ces structures étaient implantées dans des quartiers à forte présence chinoise, notamment dans les 13e, 19e et 20e arrondissements de Paris, ainsi qu’à Lyon, Marseille, Lille, Strasbourg, Bordeaux et Toulouse.

Des activités hors des cadres de coopération officiels

Selon la réponse ministérielle, ces relais assuraient des services qui auraient dû relever de la coopération bilatérale officielle entre la France et la Chine. Ils pouvaient également conduire des actions en dehors de ce cadre, parmi lesquelles la collecte de renseignements sur les membres de la diaspora chinoise résidant en France et des actions qualifiées de répression transnationale. Le ministère de l’Intérieur décrit ces structures comme des points de liaison incarnés par des individus ou des associations désignés au sein de la communauté, distincts de commissariats classiques mais dont le fonctionnement était non déclaré auprès des autorités françaises.

Les méthodes du contre-espionnage français

Face à ces constatations, les services français ont mis en oeuvre dès 2022 des mesures d’entrave pour faire cesser les activités de ces structures. Les responsables des centres concernés ont été convoqués par la DGSI. Un représentant des services de renseignement chinois et deux diplomates de l’ambassade de Chine en France ont également été reçus par le contre-espionnage français et enjoints de respecter les cadres de coopération bilatérale en vigueur. Le ministère de la Sécurité publique chinois a par ailleurs été mis en garde dans ce cadre.

Une mise en pause confirmée, sans rupture diplomatique

A la suite de ces démarches, la DGSI a constaté une suspension des activités de ces structures. La réponse parlementaire publiée en juin 2025 indique que des directives auraient même été émises par les autorités chinoises pour mettre fin à ces opérations d’ingérence sur le sol français. Les informations disponibles ne font pas état d’une rupture diplomatique entre Paris et Pékin à l’occasion de ce dossier, qui a été traité par voie administrative et de contre-ingérence, sans que des poursuites judiciaires publiques n’aient été annoncées à ce stade.

Un contexte international de surveillance accrue

L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large de vigilance accrue dans plusieurs pays européens et occidentaux face aux activités d’ingérence étrangère. En 2022, l’ONG espagnole Safeguard Defenders avait publié un rapport recensant l’existence de structures similaires dans une cinquantaine de pays, mentionnant 54 stations dans 21 nations. Ce rapport avait suscité des enquêtes et des réactions officielles dans plusieurs Etats, dont les Pays-Bas, l’Irlande, le Canada et le Royaume-Uni. La France avait alors choisi une approche discrète, privilégiant la pression diplomatique et administrative sur les voies judiciaires.

La divulgation de ces informations par le biais d’une réponse parlementaire, et leur mise en lumière par la presse en juin 2026, témoignent de la difficulté à traiter ce type d’ingérence dans le cadre des relations diplomatiques normales entre deux Etats entretenant des liens économiques et politiques étroits.

Source : RMC / BFMTV — https://rmc.bfmtv.com/actualites/international/comment-le-contre-espionnage-francais-a-fait-fermer-9-stations-de-police-clandestines-chinoises_AV-202606210317.html

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