La 79e Assemblée mondiale de la Santé marque une étape importante dans la modernisation des procédures de l’Organisation mondiale de la Santé. Le Dr Victor Elias Atala Lakam a été nommée ce matin président de cette édition 2026 de l’AMS. Dans la foulée, il a proposé l’introduction un système de vote électronique destiné à fluidifier les débats et accélérer les prises de décision lors des sessions plénières et des travaux en comité.
L’Organisation mondiale de la Santé engage une transformation discrète mais stratégique de son fonctionnement institutionnel. À l’occasion de la 79e Assemblée mondiale de la Santé, ouverte dans un contexte diplomatique particulièrement dense, les États membres ont amorcé le déploiement d’un système de vote électronique destiné à remplacer progressivement certaines procédures manuelles jugées trop lourdes.
Cette évolution intervient alors que l’OMS traverse une période charnière de son histoire récente, marquée notamment par l’adoption du très controversé accord international sur les pandémies. Face à l’augmentation des enjeux sanitaires mondiaux et à la complexité croissante des négociations multilatérales, l’organisation cherche désormais à optimiser ses mécanismes internes afin de gagner en efficacité.
La réforme procédurale a été portée par le Dr Victor Elias Atala Lakam, médecin et ministre de la Santé de la République dominicaine, pays dont la vice présidente n’est autre que la contributrice de l’agenda 2030, Raquel Peña, élu juste avant président de cette 79e Assemblée mondiale de la Santé.
Le nom du Dr Atala Lakam, a été soumis à l’examen de l’Assemblée dans un document officiel (un « livre blanc ») à la suite de consultations régionales et nationales, en vertu de l’article 25 du règlement intérieur. En l’absence d’objection, l’Assemblée l’a élu par acclamation en application de l’article 80 du règlement intérieur.
S’appuyant sur l’article 73 du règlement intérieur de l’Assemblée, il a officiellement proposé l’utilisation du vote électronique pour les scrutins à main levée ainsi que pour les votes par appel nominal enregistrés.
« En vue de faciliter la gestion efficace et harmonieuse de la réunion, je souhaite proposer que si un vote à main levée est requis ou si un vote par appel nominal enregistré est requis au cours de l’Assemblée mondiale de la Santé […], ce vote devrait avoir lieu par vote électronique en utilisant le système disponible. »
Le nouveau dispositif technologique est désormais déployé dans plusieurs espaces stratégiques de l’Assemblée, notamment les séances plénières, les salles des comités A et B ainsi que les espaces administratifs dédiés au bureau de l’Assemblée mondiale de la Santé.
Lakam a également précisé que « l’an dernier (…) certains votes sensibles » avaient déjà « eu lieu via le système électronique… »
Vote à main levée vs. Appel nominal : Les spécificités techniques
L’intégration du vote électronique à la WHA79 implique des ajustements importants dans la manière dont les votes sont affichés et enregistrés. Le Président de l’Assemblée, le Dr Atala Lakam, a été très précis sur les nuances techniques du système, notamment pour différencier le vote à main levée du vote par appel nominal.
Pour les votes à main levée, la technologie ne reproduit pas exactement l’effet visuel des délégués levant leurs drapeaux. Le Dr Atala Lakam précise :
« L’image sur l’écran n’indiquera que les pays qui ont voté et ne montrera pas comment ils ont voté. »
Lakam a tenu a rassuré qu’en cas de vote par appel nominal, la transparence et la visibilité en temps réel seront totales. Le système permettrait de voir directement sur les écrans :
« Comment chaque État membre a voté, ainsi que l’enregistrement à la fin de la façon dont chaque vote a eu lieu. »
Le Dr Atala Lakam a également précisé que cette procédure technologique ne s’appliquerait qu’à l’Assemblée en cours et que le système de vote électronique ne serait pas utilisé « si un vote secret est requis. »
L’objectif affiché est avant tout opérationnel. Le calendrier de la WHA79 s’annonce particulièrement chargé, avec des discussions portant aussi bien sur la préparation aux futures pandémies que sur le financement des systèmes de santé, la surveillance épidémiologique ou encore l’accès aux soins dans les pays les plus vulnérables.
L’Assemblée doit notamment se prononcer sur un nouveau processus de réforme du système mondial de santé, piloté par les États membres, afin de mieux coordonner l’OMS avec le reste des Nations Unies et les autres acteurs sanitaires. L’actualisation de la mise en œuvre du Règlement sanitaire international (RSI) et du rôle de l’OMS dans les crises et pandémies (après les enseignements du COVID‑19), sera au coeur des débats. L’« Accord sur les pandémies » a déjà été adopté en 2025, mais l’AMS79 doit valider des annexes techniques et financières, notamment sur le PABS (Pandemic Agreement Benefit‑Sharing mechanism), qui encadre le partage des bénéfices issus des vaccins, traitements et données épidémiologiques.
Dans ce contexte, le président de l’Assemblée a insisté sur la nécessité de fluidifier les travaux diplomatiques. Selon lui, cette modernisation doit permettre une « gestion efficace et harmonieuse » des réunions, tout en réduisant les délais liés aux procédures traditionnelles de comptage manuel des voix.
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