À deux mois des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la campagne lyonnaise est officiellement entrée dans sa phase décisive. Samedi 17 janvier, le maire sortant Grégory Doucet a lancé sa campagne lors d’un premier grand meeting organisé au Sucre, dans le quartier de la Confluence. Devant près de 800 à 1 000 personnes, le candidat écologiste a tenté de reprendre l’initiative face au favori des sondages, Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre.
Sans attaque personnelle frontale, Grégory Doucet a clairement opposé deux visions de la ville. D’un côté, il revendique une ville de Lyon solidaire, apaisée et protectrice. De l’autre, il critique implicitement un projet jugé entrepreneurial et coûteux, incarné selon lui par des promesses spectaculaires et des investissements massifs.
Le maire sortant a notamment ciblé le projet de tunnel autoroutier de huit kilomètres sous Lyon, porté par Jean-Michel Aulas. Une infrastructure estimée entre 2 et 4 milliards d’euros que Grégory Doucet qualifie de proposition « abracadabrantesque », estimant qu’elle ferait « les poches des automobilistes » sans réduire durablement ni le trafic ni la pollution.
Logement et justice sociale au cœur du programme
Le logement s’est imposé comme l’un des piliers du discours. Grégory Doucet a réaffirmé son engagement en faveur de l’encadrement des loyers, promis à la suppression par son principal adversaire. « Personne à Lyon ne désencadrera les loyers », a-t-il martelé sous les applaudissements.
Parmi les mesures avancées figurent la création d’un véritable service public du logement, une garantie municipale des loyers, ainsi qu’un renforcement des politiques de rénovation thermique. L’objectif affiché est double : préserver le pouvoir d’achat des habitants et adapter la ville aux effets du changement climatique. Le maire a rappelé que l’adaptation climatique n’était pas une option mais un devoir, citant la végétalisation et la lutte contre les îlots de chaleur comme des priorités du prochain mandat.
Sécurité et narcotrafic : un tournant assumé
Thème longtemps perçu comme un point faible des écologistes, la sécurité a occupé une place centrale dans ce premier meeting. Grégory Doucet a défendu une approche globale, mêlant prévention, accompagnement social et action municipale renforcée.
La présence remarquée d’Amine Kessaci, dont le frère a été assassiné par des narcotrafiquants à Marseille en novembre 2025, a donné une dimension particulière à la soirée. Le militant a salué l’engagement du maire lyonnais sur les questions de prévention et de soutien aux familles de victimes.
Grégory Doucet a annoncé le renforcement de la police municipale et la création d’une brigade anti-incivilités, tout en insistant sur la nécessité de protéger les victimes, de reloger les familles touchées par le narcotrafic et d’empêcher l’entrée des jeunes dans les réseaux criminels.
Une gauche rassemblée mais sous pression
Autour du maire sortant, plusieurs figures de la gauche lyonnaise étaient présentes, dont Sandrine Runel et Boris Tavernier. Tous ont appelé à un sursaut électoral, alors que les enquêtes d’opinion donnent Jean-Michel Aulas largement en tête.
La fragmentation de la gauche reste néanmoins un sujet d’inquiétude, avec plusieurs candidatures concurrentes. Grégory Doucet espère toutefois recréer une dynamique similaire à celle de 2020, lorsque les écologistes avaient déjoué les pronostics.
Une ambiance militante et un message de mobilisation
Dans une salle comble, décorée aux couleurs de la campagne « Vivre Lyon », l’ambiance était résolument militante. Ovations, slogans et appels à l’unité ont ponctué un discours d’environ trente minutes, conclu par une référence à Saint-Exupéry et un appel aux « forces de progrès » pour faire mentir les sondages.
La soirée avait toutefois mal commencé pour le maire sortant alors qu’une dizaine de réfugiés hurlaient «les écolos mettent les enfants à la rue» alors que des gymnases ont été évacués un peu plus tôt dans la semaine dans le cadre de la fin du plan grand froid mis en place par les collectivités. Preuve que même si les écologistes dépassent souvent leur compétences en matière de social, beaucoup, à gauche, estiment qu’ils doivent faire plus sur cette question.
Un duel central pour les municipales 2026 à Lyon
Ce premier meeting marque le début d’un duel qui structure désormais la campagne municipale à Lyon. Grégory Doucet entend défendre son bilan et sa vision d’une ville écologique, sociale et inclusive. Jean-Michel Aulas, lui, poursuit une campagne offensive axée sur l’attractivité, la mobilité et la sécurité.
À moins de deux mois du scrutin, la bataille des municipales 2026 à Lyon est lancée. Reste à savoir si le maire sortant parviendra, une nouvelle fois, à déjouer les pronostics.