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Arthur Mensch. Image : Capture d'écran Bloomberg.

Mistral AI : Arthur Mensch annonce depuis Davos viser un chiffre d’affaire d’un milliard d’euros dès 2026

Depuis le Forum économique mondial de Davos, Mistral AI a levé le voile sur une stratégie de montée en puissance assumée. Objectif affiché : dépasser le milliard d’euros de revenus dès 2026, tout en consolidant une alternative européenne crédible face aux géants américains de l’intelligence artificielle. Une trajectoire fondée sur l’investissement massif, le B2B et l’autonomie stratégique.

La question de la pérennité financière des alternatives européennes à l’intelligence artificielle américaine est récurrente chez les décideurs et directions des systèmes d’information. À Davos, la start-up française Mistral AI, membre du Forum économique mondial a choisi de répondre frontalement à ces interrogations, en affichant des ambitions chiffrées et une feuille de route industrielle assumée.

Interrogé par Bloomberg en marge du Forum économique mondial, son cofondateur Arthur Mensch a confirmé l’objectif stratégique du groupe : franchir le seuil symbolique du milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici à la fin de l’année 2026. Une projection rendue crédible, selon l’entreprise, par la levée de fonds record de 1,7 milliard d’euros réalisée en septembre dernier, notamment auprès du groupe néerlandais ASML, membre du FEM, et qui valorise désormais Mistral AI à près de 11,7 milliards d’euros.

Cette trajectoire repose sur un positionnement résolument tourné vers le marché professionnel. Loin d’une stratégie uniquement orientée vers le grand public, la société structure son développement autour des besoins des entreprises : accès aux modèles via des API facturées à l’usage, mais surtout licences permettant des déploiements sur des infrastructures privées, qu’elles soient hébergées dans le cloud ou sur site. Un choix qui répond directement aux exigences croissantes en matière de souveraineté des données, de conformité réglementaire et de sécurité.

Dans cette logique, l’offre « Le Chat Enterprise » incarne le fer de lance de la stratégie B2B du groupe. Pensée comme un outil d’efficacité opérationnelle, elle s’intègre nativement aux environnements de travail existants, tels que SharePoint ou Google Drive, afin de faciliter l’adoption par les collaborateurs sans rupture technologique.

Si Mistral AI reste discrète sur ses comptes audités, les estimations du marché évoquent un chiffre d’affaires d’environ 100 millions d’euros en 2025, avec un revenu récurrent annuel qui aurait atteint 300 millions d’euros dès septembre. Pour soutenir cette croissance rapide, l’entreprise a prévu un effort d’investissement sans précédent : près d’un milliard d’euros de dépenses d’investissement cette année, destinées principalement à l’acquisition de capacités de calcul. Un capex jugé indispensable pour garantir la performance et la compétitivité de ses modèles face aux acteurs mondiaux.

Au-delà de la croissance organique, Mistral AI affiche également des ambitions de consolidation. Arthur Mensch a confirmé étudier des opportunités d’acquisitions stratégiques en Europe, sans en dévoiler les cibles. Une démarche qui vise à enrichir l’offre technologique du groupe et à structurer un écosystème européen capable de rivaliser à l’échelle mondiale.

Cette stratégie trouve un écho favorable au niveau politique. À Davos, Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée du Numérique, a rappelé l’enjeu de résilience pour les infrastructures critiques, soulignant la nécessité de ne pas dépendre d’un seul pays ou d’une seule entreprise dans des secteurs stratégiques.

Dans un contexte géopolitique marqué par les incertitudes liées au retour du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump à la Maison-Blanche, Mistral AI entend ainsi incarner un champion européen de l’IA. Arthur Mensch rejette par ailleurs toute vision occidentalo-centrée du marché, estimant que la Chine dispose déjà de capacités open source compétitives, susceptibles de rebattre les cartes et d’inquiéter les grands acteurs américains.

À Davos, la start-up française n’a pas seulement affiché des ambitions financières. Elle a surtout cherché à convaincre que la souveraineté technologique européenne peut désormais s’appuyer sur des bases industrielles solides, capables de soutenir la croissance, l’innovation et l’indépendance stratégique du continent.

Sources :

ZDnet.

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