Le conflit judiciaire entre Magali Berdah et le rappeur Booba franchit un nouveau cap. L’ancienne dirigeante de Shauna Events a obtenu du tribunal judiciaire de Paris la saisie conservatoire de plus de 40,5 millions d’euros sur les droits d’auteur de l’artiste. Une décision spectaculaire dans une bataille engagée depuis plusieurs années sur fond d’accusations de cyberharcèlement et de pratiques commerciales trompeuses.
Nouvel épisode dans l’affrontement qui oppose depuis trois ans Magali Berdah à Booba. Selon l’Agence France-Presse, l’ex-dirigeante de l’agence d’influenceurs Shauna Events a obtenu la saisie conservatoire de 40 588 572 euros sur les droits d’auteur du rappeur. Une mesure autorisée par le tribunal judiciaire de Paris, qui a évalué « provisoirement » la créance de Magali Berdah et de ses sociétés.
La décision vise à garantir le recouvrement potentiel des sommes que l’entrepreneuse estime lui être dues, dans le cadre du contentieux qui l’oppose à l’artiste. Magali Berdah, aujourd’hui animatrice sur Sud Radio, impute à Booba un lourd préjudice financier, estimant que sa croisade publique contre les influenceurs aurait fragilisé durablement son activité.
La juridiction parisienne a ainsi autorisé la saisie de cette somme sur les droits d’auteur détenus par le rappeur auprès de plusieurs acteurs de l’industrie musicale et du streaming, notamment la Sacem, Universal Music France ou encore Deezer. Sont également concernés la Société pour l’administration du droit de reproduction mécanique des auteurs, compositeurs et éditeurs, Because Music ainsi que les plateformes de streaming via leurs intermédiaires français ou leurs labels.
La décision judiciaire cible en outre les comptes bancaires, les véhicules et les biens mobiliers de l’artiste, âgé de 49 ans et installé à Miami, en Floride. Il s’agit d’une mesure conservatoire, ce qui signifie qu’elle ne préjuge pas du fond de l’affaire mais vise à préserver d’éventuels actifs en attendant une décision définitive.
Un conflit public et judiciaire de longue date
Au cœur de cette bataille : les accusations de cyberharcèlement formulées par Magali Berdah. L’ancienne patronne de Shauna Events affirme que Booba aurait menacé et mis sous pression des marques partenaires afin qu’elles cessent toute collaboration avec son agence, spécialisée dans la gestion d’influenceurs. Elle estime que ces actions ont porté un coup sévère à son entreprise ainsi qu’aux sociétés Sublime Talent et MB Conseil.
De son côté, le rappeur, de son vrai nom Elie Yaffa, s’est engagé depuis plusieurs années dans une dénonciation virulente de certaines pratiques du marketing d’influence, rebaptisant les influenceurs « influvoleurs ». Il affirme lutter contre des méthodes commerciales qu’il juge trompeuses.
Sur plainte de Booba, une enquête pénale avait été ouverte visant Shauna Events pour pratiques commerciales trompeuses. Elle a finalement été classée sans suite. Ce classement n’a toutefois pas mis un terme à l’affrontement judiciaire et médiatique entre les deux protagonistes.
Les avocats de Booba, Gilles Vercken et Marie Roumiantseva, ont réagi auprès de l’AFP en affirmant que leur client n’avait pas été informé de l’existence de cette procédure. Selon eux, si l’ordonnance existe, elle aurait été obtenue « sur les seuls arguments de Mme Berdah ». Ils annoncent d’ores et déjà leur intention de la contester et d’engager, le cas échéant, des poursuites pour « procédure abusive ».
Sources :
Libération – 19 février 2026 – lien
Agence France-Presse (AFP) – 19 février 2026 – https://www.afp.com