Environ 500 personnes se sont rassemblées ce mardi à Lyon pour dénoncer des violences et des menaces visant plusieurs organisations syndicales du Rhône. À l’appel de l’intersyndicale départementale, les participants ont affiché leur refus de « se laisser intimider » par des groupes qu’ils imputent à l’extrême droite locale.
L’intersyndicale du Rhône, qui regroupe notamment la CGT, FO, la FSU, Solidaires, l’Unsa, la CNT-SO et la CNT, dénonce plusieurs faits récents. Parmi eux, une« attaque à la barre de fer » contre le local de Solidaires 69 dans la nuit du 14 au 15 février, ainsi qu’une menace par mail évoquant une « attaque à la bombe » contre des locaux CGT le 21 février. Une plainte a été déposée, a précisé un porte-parole de la CGT du Rhône.
Ces tensions surviennent après le décès de Quentin Deranque, 23 ans, battu le 12 février à Lyon lors de violences impliquant des militants d’ultragauche. Une marche d’hommage avait rassemblé environ 3 200 personnes le 21 février, dont de nombreux militants d’ultradroite, sous forte surveillance policière.
L’intersyndicale a regroupé ses sympathisants place Guichard, ce mardi. Nous avons rencontré un militant Solidaires qui a accepté de témoigner de ce qui s’était passé dans le local de l’association, mais pas à visage découvert, preuve du traumatisme qu’a suscité cette infraction.
La secrétaire générale adjointe à la CGT du Rhône Maud Miller est revenue à notre micro sur l’alerte à la bombe dont a été victime son syndicat.
À la tribune, plusieurs responsables syndicaux ont pris la parole. Murielle Guilbert, co-déléguée générale de Solidaires, a appelé à mettre fin à « l’impunité pour les groupes d’extrême droite ». « La mort d’un homme ne peut et ne doit réjouir personne », a-t-elle ajouté, tout en dénonçant ce qu’elle considère comme une instrumentalisation politique du drame. Derrière elle, une banderole proclamait : « Face à la violence de l’extrême droite – Résistance ! ».
Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, a déclaré que « les menaces et les violences doivent cesser » et que les syndicats ne se laisseraient « jamais intimider », qualifiant l’extrême droite d’« ennemie du monde du travail et de la démocratie ».
Selon l’intersyndicale, les attaques visant les syndicats s’inscrivent dans un climat de tensions alimenté par des « associations fallacieuses » formulées dans le débat public après ces violences.
La secrétaire générale de l’UNEF, Manon Moret était également présente pour réaffirmer la solidarité de son syndicat étudiant à la CGT et Solidaires. Selon elle, « attaquer des syndicats ce n’est pas anodin, c’est s’attaquer aux libertés syndicales, aux libertés d’expression ». « Aujourd’hui, il y a une inversion des rôles avec une criminalisation de l’antifascisme », a-t-elle ajouté.
Le soutien des politiques
De nombreux politiques avaient tenus a être présent. C’était le cas du député du Rhône écologiste, Boris Tavernier, pour qui s’était impossible de ne pas être présent après les alertes à la bombe dont ont été victime la CGT et le groupe écologiste. « C’est important d’être là pour montrer qu’on ne laissera pas les fascistes faire ce qu’ils veulent dans notre ville et dans notre pays », nous a-t-il confié.
La député socialiste du Rhône, Sandrine Runel a également tenu a être présente aux côtés des syndicats pour témoigner de l’attachement des partis politiques de gauche « à la lutte contre l’extrême droite ». Pour elle, renvoyé dos à dos, le rassemblement national et LFI est une « hérésie ».
Pour Aline Guitard, élu communiste dans le 4e art de Lyon, « on ne peut pas s’en prendre impunément aux syndicats qui sont l’expression de la liberté d’expression des travailleurs ».