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Photo : Compte X de Caroline Yadan.

Loi Yadan : la pétition dépasse 400 000 signatures à dix jours du débat à l’Assemblée

La pétition “Non à la loi Yadan”, déposée sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale, a recueilli plus de 400 000 signatures le 6 avril 2026. La proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, visant à “lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme”, sera soumise au vote des parlementaires le 16 avril. Son point le plus controversé : l’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme, que ses opposants qualifient d’atteinte à la liberté d’expression.

La proposition de loi n°575, déposée le 19 novembre 2024, est portée par Caroline Yadan, députée Renaissance représentant la 3e circonscription de Paris et ancienne responsable du pôle antisémitisme de la Licra, l’association antiraciste fondée par le franc-maçon Bernard Lecache. Le texte s’articule autour de trois axes principaux identifiés par sa rédactrice : l’apologie du terrorisme, le déni de l’État d’Israël, et la comparaison entre l’État d’Israël et le régime nazi.

Concrètement, le texte étend l’infraction d’apologie du terrorisme en sanctionnant la présentation d’actes terroristes comme une “résistance légitime”, crée une infraction pour toute personne niant le droit à l’existence d’un État et plaidant pour sa destruction, et élargit le cadre de la loi Gayssot en sanctionnant la “comparaison de l’État d’Israël au régime nazi” comme banalisation de la Shoah. Le Conseil d’État a rendu un avis sur ce texte, soulignant plusieurs zones de tension juridique.

La pétition, lancée par un inconnu de 26 ans, devient nationale

C’est Alexandre Balasse, ingénieur agronome de 26 ans sans affiliation politique connue, qui a lancé la pétition “Non à la loi Yadan” le 18 février 2026 sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale. Son texte dénonce “un amalgame entre l’antisémitisme et la critique d’Israël (antisionisme)”. En 48 heures, la pétition recueillait déjà 30 000 signatures. Le 5 avril, elle dépassait les 300 000 signataires. Le 6 avril, selon Franceinfo, elle franchissait le cap des 400 000.

Le seuil symbolique de 500 000 signatures, recueillies dans au moins 30 départements différents, permettrait à la pétition d’être inscrite à l’ordre du jour de l’hémicycle si la conférence des présidents de groupe l’acceptait – une procédure exceptionnelle qui n’a pas encore été déclenchée.

Un paysage politique clivé

Le texte de Caroline Yadan bénéficie du soutien du Rassemblement national, mais divise les groupes du centre et de la gauche. Le Parti socialiste est décrit comme “divisé” sur la question, tandis que La France insoumise affiche une “franche hostilité”. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a publié une note officielle appelant les parlementaires à voter contre le texte, dénonçant une proposition “dangereuse” pour les libertés publiques.

Pour ses détracteurs, la loi ne combat pas l’antisémitisme mais criminalise le soutien à la cause palestinienne. Pour ses partisans, elle comble un vide juridique face à des formes contemporaines de haine déguisée en critique politique. Ce débat de fond traverse l’ensemble du spectre politique français et dépasse largement le clivage gauche-droite habituel.

Le vote du 16 avril 2026 à l’Assemblée nationale promet d’être un moment de tension parlementaire rare, à la croisée du droit pénal, de la liberté d’expression et de la politique étrangère française. Que le texte soit adopté, rejeté ou profondément amendé, la mobilisation de plus de 400 000 signataires autour d’une proposition de loi portant sur la définition même de la haine raciale marque l’intensité du débat démocratique français. Les semaines à venir diront si cette mobilisation citoyenne a pesé sur la décision des élus.

Source : Le Parisien

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