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Photo : @Coface.

L’intelligence artificielle menace jusqu’à 5 millions d’emplois en France selon une étude de Coface et de l’OEM

L’intelligence artificielle pourrait profondément transformer le marché du travail français dans les prochaines années, selon une étude menée par Coface et l’Observatoire des emplois menacés et émergents, jusqu’à 16,3 % des emplois seraient menacés à horizon deux à cinq ans, soit près de 5 millions de salariés. Si l’impact reste encore limité aujourd’hui, avec environ 3,8 % des emplois déjà fragilisés par l’IA générative, la généralisation rapide de ces technologies laisse entrevoir une mutation d’une ampleur inédite.

Contrairement aux précédentes révolutions technologiques, ce ne sont pas les emplois les moins qualifiés qui sont les plus exposés. L’étude a été menée par Coface, L’ancienne Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur, privatisée en 1994 et entrée dans le giron des groupe Natixis, membre du Forum économique mondial et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents (OEM) qui derrière se nom ronflant est une structure opaque qui a pour objectif de rechercher et d’analyser l’impact des transformations technologiques, en particulier de l’intelligence artificielle, sur le marché du travail.

Elle montre que les métiers les plus qualifiés et les mieux rémunérés figurent parmi les premiers concernés. Les secteurs de l’architecture, de l’ingénierie, de l’informatique, des mathématiques ou encore les fonctions administratives sont particulièrement vulnérables. Les métiers créatifs, les professions juridiques et certaines activités indépendantes commencent également à ressentir les effets de cette transformation. Les 10 % des salariés les mieux rémunérés pourraient ainsi être touchés à plus de 22 %, signe d’un bouleversement profond de la hiérarchie traditionnelle des risques.

Cette évolution s’expliquerait en grande partie par l’émergence de l’IA dite « agentique », capable non seulement d’assister les travailleurs, mais aussi d’exécuter de manière autonome des tâches complexes. Là où les outils numériques remplaçaient auparavant certaines fonctions, ces nouvelles technologies peuvent désormais automatiser des chaînes de travail entières. Dans ce contexte, un métier sur huit pourrait voir plus de 30 % de ses tâches automatisées, ce qui change radicalement la nature même du travail.

Des transformations concrètes sont déjà à l’œuvre dans certaines entreprises. Des gains de productivité importants ont conduit à revoir les stratégies de recrutement ou à réorganiser les équipes. Dans le même temps, certains secteurs restent relativement protégés, notamment ceux qui reposent sur des activités physiques ou manuelles comme le nettoyage, l’agriculture ou la restauration, où l’automatisation reste plus limitée.

Les conséquences économiques et sociales pourraient être majeures. En affectant des emplois bien rémunérés, cette transformation risque de peser sur les finances publiques, avec une baisse des cotisations et une augmentation potentielle des dépenses liées au chômage. Elle soulève également des interrogations sur l’évolution du rapport entre capital et travail, certains experts craignant une déqualification progressive des emplois, où l’humain serait réduit à un rôle de supervision.

Face à ces enjeux, la question de l’anticipation devient centrale. Le gouvernement a déjà engagé des initiatives pour former des millions de professionnels à l’intelligence artificielle d’ici 2030, mais les chercheurs insistent sur un point essentiel : l’impact réel de ces technologies dépendra des choix politiques et économiques. L’histoire des révolutions précédentes montre que les transformations ne sont jamais uniquement technologiques, mais aussi sociales et organisationnelles.

Loin d’un bouleversement brutal immédiat, c’est une mutation progressive qui semble se dessiner. Mais son ampleur pourrait redéfinir durablement le marché du travail en France, en modifiant les équilibres entre les métiers, les qualifications et les revenus.

Source : Le Monde

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