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Photo : Télé Matin / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

LFI : Bally Bagayoko évoque une « insurrection populaire » en cas de victoire du RN en 2027

Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et membre de La France insoumise, a évoqué lors d’une interview accordée au média Oumma une éventuelle « insurrection populaire » en cas de victoire du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027. Les propos, rapportés par Le Figaro le 9 mai 2026, ont suscité des réactions immédiates dans les rangs du parti d’extrême droite. Bally Bagayoko, élu président de Plaine Commune le 21 avril 2026, a assumé ses déclarations en les inscrivant dans une lecture des mobilisations historiques françaises.

C’est dans le cadre d’un entretien accordé au média Oumma, plateforme d’information à destination des Français musulmans, que Bally Bagayoko a développé sa vision des suites possibles d’une victoire de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella en 2027. Interrogé sur ce scénario, l’élu a déclaré avoir « l’intime conviction que la population est capable de se lever » et évoqué « une forme d’insurrection populaire » qu’il juge possible si la gauche « redonne du pouvoir à la base ».

Le maire de Saint-Denis, élu en juin 2020 sous les couleurs de La France insoumise, a condensé sa pensée dans la formule « soit c’est nous, soit c’est eux » pour résumer la configuration politique qu’il anticipe. Il a par ailleurs qualifié de « 140 députés racistes » les élus du Rassemblement national à l’Assemblée nationale.

Une référence à la Bastille et aux Gilets jaunes

Pour étayer sa thèse, Bally Bagayoko a mobilisé plusieurs références historiques françaises. Il a cité la prise de la Bastille de 1789 et les mobilisations des Gilets jaunes comme exemples d’insurrections populaires ayant permis, selon lui, des réformes majeures dans l’histoire du pays. Cette lecture lui sert à légitimer l’idée que la mobilisation citoyenne constituerait une réponse démocratique légitime à une victoire de l’extrême droite.

L’élu a par ailleurs confirmé avoir décroché le portrait du président Emmanuel Macron dans ses bureaux, un geste symbolique qu’il avait déjà posé par le passé.

Les réactions du Rassemblement national et de la majorité

Les déclarations du maire de Saint-Denis ont provoqué des réactions immédiates dans les rangs du Rassemblement national. Sébastien Chenu, vice-président du parti, a affirmé que Bally Bagayoko « dit tout haut ce que Jean-Luc Mélenchon pense tout bas », qualifiant La France insoumise de « mouvement violent qui ne compte pas respecter la démocratie ». Le député Renaissance Karl Olive a réagi avec ironie, indiquant qu’il ne « tombait pas de sa chaise » face à ces déclarations, suggérant qu’elles confirmaient une tendance connue.

La France insoumise n’avait pas, au moment de la publication de l’article par Le Figaro, apporté de réaction officielle aux propos de son élu.

Un contexte de montée en puissance locale pour Bagayoko

Ces déclarations interviennent alors que Bally Bagayoko vient de franchir un cap important dans sa trajectoire politique locale. Le 21 avril 2026, il a été élu président de Plaine Commune, intercommunalité regroupant neuf communes de Seine-Saint-Denis – dont Saint-Denis, Aubervilliers, Saint-Ouen et La Courneuve – et environ 440 000 habitants. Cette élection renforce son ancrage territorial et sa visibilité au sein de la gauche radicale française à deux ans de la présidentielle.

Les propos de Bally Bagayoko sur l’« insurrection populaire » relancent le débat sur les contours de la résistance démocratique face à une possible victoire de l’extrême droite en 2027. Qu’ils soient lus comme un appel politique légitime ou comme un appel à l’insurection, ils illustrent la polarisation croissante du paysage politique français à l’approche de la prochaine échéance présidentielle.


Source : Le FigaroFrance 3

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