La publication récente de documents liés à l’enquête sur Jeffrey Epstein fait ressurgir une rumeur persistante : celle de possibles liens avec les services de renseignement israéliens. Fondées sur un rapport du FBI et le témoignage d’un informateur confidentiel, ces allégations restent non étayées par des preuves formelles. Elles éclairent néanmoins les zones d’ombre d’un dossier déjà marqué par l’opacité et les spéculations.
Les nouvelles pièces rendues publiques dans le cadre de l’affaire Jeffrey Epstein évoquent, sans les confirmer, d’éventuelles connexions entre le financier et le service de renseignement israélien, le Mossad. Ces éléments figurent dans un rapport du Federal Bureau of Investigation daté d’octobre 2020, fondé en partie sur les déclarations d’un informateur secret ayant collaboré avec les autorités américaines.
Selon cet informateur, ses soupçons reposaient sur des observations personnelles et sur des échanges indirects avec des figures du monde juridique et politique. Il affirme notamment que le professeur de droit de Harvard Alan Dershowitz aurait évoqué, dans des conversations privées, la possibilité de liens entre Epstein et des services de renseignement d’États alliés des États-Unis. Le nom de Alan Dershowitz apparaît ainsi à plusieurs reprises dans les documents, sans qu’aucune implication directe ne soit démontrée.
L’informateur indique avoir transmis ces informations à l’ancien procureur fédéral de Floride, Alex Acosta, figure déjà controversée pour son rôle dans l’accord judiciaire de 2008 ayant permis à Epstein d’échapper à des poursuites plus lourdes. Selon ce témoignage, Epstein aurait entretenu des contacts à la fois avec des services de renseignement américains et étrangers, sans que la nature exacte de ces relations ne soit précisée.
Les documents évoquent également des échanges téléphoniques supposés entre Epstein et Dershowitz. L’informateur affirme que, à la suite de ces conversations, des représentants du renseignement israélien auraient pris contact avec le juriste afin d’obtenir certaines informations. Ces affirmations demeurent toutefois déclaratives et ne sont corroborées par aucun élément matériel rendu public à ce stade.
Autre point sensible du dossier : la proximité avérée entre Epstein et l’ancien Premier ministre israélien et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Ehud Barak. Les fichiers incluent une correspondance électronique entre les deux hommes, témoignant de relations personnelles et financières. Dans un courriel daté du 17 décembre 2018, Epstein écrivait à Barak, sur un ton ironique : « Tu dois indiquer clairement que je ne travaille pas pour le Mossad 🙂 ». Ehud Barak a répondu « Toi ou moi ? ».
Un autre message, envoyé le 9 novembre 2017, mentionne une demande d’aide pour retrouver d’anciens agents du Mossad afin de mener des enquêtes privées. Barak, dans sa réponse, ne commente pas ces propos et suggère un échange téléphonique.
L’informateur va plus loin en estimant, à titre personnel, qu’Epstein aurait pu être formé au travail de renseignement durant le mandat de Barak. Là encore, cette hypothèse ne repose sur aucune preuve documentée et n’a pas été confirmée par les autorités israéliennes ou américaines.
L’historien britannique Andrew Lownie affirmait déjà qu’Epstein était un agent du Mossad et du FSB, toutefois un nouveau fait troublant apparait dans les nouveaux documents publiés. Dans un mail, Epstein affirme représenté les intérêts des Rotchilds.
À ce jour, ni le Mossad ni le FBI n’ont reconnu l’existence de liens opérationnels entre Epstein et un service de renseignement. Les documents publiés mettent en lumière des soupçons, des échanges et des perceptions individuelles, mais ne permettent pas d’établir un fait avéré. Ils illustrent surtout la complexité d’un réseau relationnel mêlant pouvoir, argent et influence, au cœur de l’une des affaires criminelles les plus troublantes des dernières décennies.
Sources :
Le Point, TRT Afrika (31/01/2026) publie l’article français complet sur le lien Mossad. RT Actualidad (29/01/2026) donne la transcription espagnole. Sur X, Mario Nawfal (30/01/2026) cite l’email avec image virale. Al Jazeera (03/02/2026) diffuse l’audio et le contexte des liens Barak-Epstein. Accès PDFs originaux : justice.gov/epstein.