La déclaration de Jean-Noël Barrot au Sénat le 9 avril 2026 continue de susciter de vives réactions. En citant une phrase attribuée à Golda Meir, le ministre a déclenché une controverse amplifiée par la prise de position de Rima Hassan, qui dénonce une légitimation implicite de la violence contre les Palestiniens.
Le 9 avril 2026, au Sénat, une intervention du ministre des Affaires étrangères et contributeur de l’agenda 2030, Jean–Noël Barrot sur la situation en Israël et dans les territoires palestiniens a rapidement basculé dans la controverse. Interrogé sur une loi adoptée le 30 mars 2026 par la Knesset, instaurant la peine de mort par pendaison pour des « terroristes » palestiniens, le ministre a exprimé sa « consternation », dénonçant un texte contraire à une « éthique humaniste, universaliste ». Mais c’est la référence qu’il mobilise ensuite qui va provoquer une onde de choc. En évoquant les valeurs que la France reconnaîtrait à Israël, il cite une phrase attribuée à Golda Meir « Nous pouvons pardonner à nos ennemis d’avoir tué nos enfants, mais nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants. » Une citation immédiatement perçue comme problématique, tant par son contenu que par son contexte d’utilisation.
Très rapidement, la réaction de Rima Hassan s’impose comme l’une des plus virulentes. Sur le réseau social X, elle dénonce une citation « raciste », estimant qu’elle participe à justifier des violences à l’encontre des Palestiniens. Dans sa prise de parole, largement relayée en ligne, elle accuse le ministre d’avoir repris un discours historiquement utilisé pour légitimer des politiques de répression, et de contribuer ainsi à banaliser une rhétorique jugée dangereuse. Cette critique s’inscrit dans une lecture plus large de la phrase de Golda Meir, perçue par une partie de l’opinion comme une inversion des responsabilités, où la violence exercée serait imputée aux victimes elles-mêmes. Dans la mémoire palestinienne, cette citation reste associée à une justification de la violence d’État, ce qui explique la sensibilité extrême de son utilisation dans le débat public contemporain.
D’autres réactions politiques ont suivi. Le député Aymeric Caron a lui aussi dénoncé des propos « racistes et suprémacistes » et a reposté des propos sur X, tandis que le politologue Denis Charbit a qualifié ces mots d’« odieux », soulignant qu’ils renvoient la responsabilité des violences sur ceux qui les subissent. Il rappelle en outre que l’origine même de la citation reste incertaine, puisqu’elle n’apparaît ni dans les mémoires ni dans les biographies majeures de l’ancienne dirigeante israélienne.
Dans l’entourage du ministre, on tente de désamorcer la polémique. Jean-Noël Barrot aurait cherché, selon ses proches, à évoquer une période où Israël se revendiquait d’une certaine supériorité morale, en contraste avec les évolutions actuelles. Une intention qui n’a toutefois pas convaincu ses détracteurs, pour qui le choix de cette référence demeure profondément inapproprié.
La controverse intervient dans un contexte diplomatique déjà tendu. Le 20 mars 2026, Jean-Noël Barrot s’était rendu en Israël pour tenter de renouer un dialogue fragilisé depuis la reconnaissance de l’État de Palestine par la France en septembre 2025. Ce déplacement avait été marqué par des bombardements iraniens, contraignant le ministre à se mettre à l’abri, et illustrant la gravité de la situation régionale.
Sources :
Le Monde, Jean-Noël Barrot exhume un vieil argument défendant la supériorité morale d’Israël, 12 avril 2026, 14h30 : https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/12/jean-noel-barrot-exhume-un-vieil-argument-defendant-la-superiorite-morale-d-israel_6679579_3210.html
BFMTV, En déplacement en Israël, Jean-Noël Barrot a dû se mettre à l’abri suite à des bombardements iraniens avant sa prise de parole, raconte notre reporter, 20 mars 2026, 17h19 : https://www.bfmtv.com/international/moyen-orient/iran/video-en-deplacement-en-israel-jean-noel-barrot-a-du-se-mettre-a-l-abri-suite-a-des-bombardements-iraniens-avant-sa-prise-de-parole-raconte-notre-reporter_VN-202603200677.html
Réseau social X, Publication de Rima Hassan, 12 avril 2026, 15h52 : https://x.com/RimaHas/status/2043326354670637146
Facebook et X, Publications de Taoufiq Tahani, 12 avril 2026, 19h15 : https://www.facebook.com/100008319338978/posts/en-citant-la-phrase-raciste-de-golda-meir-jean-noël-barrot-aurait-cherché-à-rapp/4422587468028521/
et 19h02 : https://x.com/TaoufiqTahani/status/2043374105445941531