À l’issue d’une réunion d’urgence tenue ce lundi 2 mars au Quai d’Orsay, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Jean–Noël Barrot a affiché une ligne claire : priorité à la sécurité des Français, appel à la désescalade, mais disponibilité totale pour participer à la défense des partenaires ciblés par l’Iran.
Dans un contexte de frappes croisées et d’extension régionale du conflit, Jean-Noël Barrot a désigné le régime iranien comme portant « une responsabilité écrasante » dans la situation actuelle. Il a dénoncé des violations répétées du droit international et une stratégie fondée sur « la terreur et le chaos ». « Depuis des décennies, ce régime viole le droit international. »
Après qu’un hangar de la base navale française aux Émirats arabes unis a été touché par une attaque de drones visant le port d’Abu Dhabi, le ministre a adressé un message de solidarité aux pays délibérément ciblés par les Gardiens de la révolution : Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie.
La France, a-t-il affirmé, « se tient prête, conformément aux accords qui la lient à ses partenaires et aux principes de légitime défense collective prévus par le droit international, à participer à leur défense ».
Interrogé par la presse sur la portée concrète de cet engagement, le ministre a précisé que Paris agirait « en fonction des demandes » formulées par ses partenaires, « de manière proportionnée et conformément au droit international ».
Pas de participation aux frappes américano-israéliennes
Jean-Noël Barrot a également tenu à rappeler que la France « n’a pas été informée et n’a pas participé » aux opérations militaires lancées par Israël et les États-Unis.
Sans condamner explicitement ces frappes, il a souligné qu’un débat au Conseil de sécurité des Nations unies aurait été nécessaire pour leur conférer une légitimité internationale. « Ce n’est qu’en se confrontant au Conseil de sécurité que le recours à la force peut revêtir la légitimité nécessaire », a-t-il insisté.
Posture de défense rehaussée
S’agissant des installations françaises dans la région, le ministre a confirmé que la France rehaussait sa posture de défense afin d’assurer la sécurité de ses bases et de ses personnels militaires.
Il n’a pas détaillé les mesures concrètes, renvoyant aux déclarations du président de la République et de la ministre des Armées, mais a confirmé que la priorité était la protection des emprises françaises et la préparation à une éventuelle assistance aux partenaires régionaux.
Sécurité des Français : 400 000 ressortissants concernés
Autre priorité immédiate : la sécurité des quelque 400 000 Français résidents ou de passage dans une douzaine de pays directement concernés par la crise.
Quinze ambassades et consulats sont mobilisés, et le Centre de crise et de soutien du ministère a déjà traité près de 5 000 appels depuis le début des opérations militaires. Des dispositifs d’évacuation sont prêts, notamment en Israël et aux Émirats arabes unis, où vivent plus de 60 000 Français.
À ce stade, aucune victime française n’est à déplorer.
Désescalade et risque économique
Au-delà de la dimension militaire, le ministre a mis en garde contre les conséquences d’un engrenage prolongé, évoquant des risques graves pour la stabilité régionale et les intérêts économiques, notamment face à la hausse des prix du pétrole.
« L’escalade militaire doit cesser au plus vite », a-t-il déclaré, appelant le régime iranien à mettre fin à ses attaques et à engager un changement de posture permettant l’ouverture d’une solution politique.