Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a lancé fin mars 2026 une campagne de recrutement ouverte aux volontaires dès 12 ans, dans le cadre du conflit opposant l’Iran à Israël. Amnesty International et Human Rights Watch dénoncent une violation grave du droit international humanitaire. Un enfant de 11 ans a déjà été tué à un poste de contrôle à Téhéran lors d’une frappe de drone israélien.
Le 26 mars 2026, un responsable du CGRI, Rahim Nadali, a annoncé l’ouverture d’une campagne intitulée “Combattants pour la défense de la patrie en Iran”, ouverte à des volontaires à partir de 12 ans. “Compte tenu de l’âge des personnes ayant formulé des demandes, nous avons fixé l’âge minimum à 12 ans”, a-t-il indiqué selon des documents analysés par Amnesty International. La campagne est menée sous l’égide du Bassidj, la milice paramilitaire intégrée au CGRI, dont une affiche promotionnelle porte un slogan attribué au guide suprême Ali Khamenei : “Les Bassidji doivent rester au cœur du terrain pour que les vertus essentielles de la Révolution demeurent vivantes.”
Des affiches de recrutement diffusées en ligne depuis le 21 mars 2026 ont été documentées et analysées par Amnesty International, qui y voit une mobilisation délibérée d’enfants dans des fonctions militaires actives.
Des enfants armés en patrouille dans les grandes villes
Amnesty International indique avoir analysé 16 photos et vidéos vérifiées, montrant des enfants armés de fusils de type AK aux côtés du CGRI et du Bassidj, déployés à des postes de contrôle, lors de patrouilles et de rassemblements militarisés organisés par l’État dans les villes de Téhéran, Mashhad et Kermanshah. Human Rights Watch a de son côté publié un rapport indépendant confirmant l’enrôlement d’enfants par les forces armées iraniennes dans ce contexte de conflit.
Le 29 mars, Alireza Jafari, un garçon de 11 ans, a été tué lors d’une frappe de drone israélien visant un poste de contrôle sur une autoroute de Téhéran. L’enfant accompagnait son père, membre des forces de sécurité. Cette mort illustre, selon Amnesty, les risques concrets auxquels sont exposés les mineurs enrôlés.
Un crime de guerre au regard du droit international
Amnesty International a qualifié le recrutement et le déploiement d’enfants de moins de 15 ans dans les forces armées de “crime de guerre” au regard du droit international humanitaire, notamment des conventions relatives aux droits de l’enfant et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Ce n’est pas la première fois que l’Iran recourt à cette pratique. Selon les propres archives des autorités iraniennes, plus de 550 000 enfants avaient été envoyés au front lors de la guerre Iran-Irak dans les années 1980, dont au moins 36 000 ont été tués. La campagne actuelle s’inscrit donc dans une logique historique que les organisations de défense des droits humains peinent à enrayer depuis des décennies.
Un conflit qui s’intensifie dans un contexte régional sous tension
Cette campagne de recrutement intervient alors que l’Iran est engagé dans un conflit direct avec Israël, marqué par des frappes de drones et de missiles des deux côtés. Les frappes américaines sur le territoire iranien ont également été rapportées par plusieurs sources au cours des semaines précédentes, accentuant la pression militaire sur Téhéran et contribuant, selon certains observateurs, à justifier en interne la mobilisation accélérée de la population – y compris des mineurs.
Le recrutement d’enfants par le CGRI marque une étape préoccupante dans l’escalade militaire iranienne, qui cherche à compenser des pénuries de personnel dans un contexte de conflit ouvert avec Israël. Amnesty International et Human Rights Watch ont appelé la communauté internationale à condamner ces pratiques et à engager des mécanismes de responsabilisation. La question de savoir si ces appels se traduiront en actes diplomatiques concrets reste, pour l’heure, entière.
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Source : Courrier International