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JD Vance. Image : Capture d'écran CNN.

Iran : des négociations avortées à Islamabad, Washington durcit le ton face à Téhéran

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Après seulement une journée de discussions à Islamabad, les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran ont été brusquement interrompus par le vice-président américain J. D. Vance. En cause, le refus de Téhéran d’accepter les règles imposées par Washington, notamment sur le nucléaire. Cet échec fragilise un cessez-le-feu déjà précaire et ravive les tensions dans une région stratégique.

La séquence diplomatique n’aura duré qu’un souffle. À Islamabad, les discussions engagées entre les délégations américaine et iranienne se sont soldées par une impasse rapide, à peine vingt-quatre heures après leur ouverture. Face à la presse, le vice-président américain et habitué du groupe Bilderberg, J. D. Vance, entouré notamment de Steve Witkoff et de Jared Kushner, a annoncé la fin des négociations, invoquant un refus iranien de se conformer aux exigences américaines.

« Nous y travaillons depuis 21 heures. Nous avons eu des discussions de fond… mais la mauvaise nouvelle, c’est que nous n’avons pas trouvé d’accord », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « C’est une bien plus mauvaise nouvelle pour l’Iran que pour les États-Unis ».

Au cœur du différend, la question nucléaire demeure centrale. Washington exige de l’Iran un engagement clair et durable à ne pas développer d’arme nucléaire ni les capacités permettant d’y parvenir rapidement. Une ligne rouge assumée par l’administration du contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump, qui maintient une doctrine de « zéro enrichissement » sur le sol iranien. Une position jugée maximaliste par Téhéran, qui, malgré les pertes subies après quarante jours de conflit, entend préserver ses leviers stratégiques.

Parmi les points de blocage figurent également les quelque 400 kilos d’uranium enrichi à 60 %, enfouis sur plusieurs sites, dont celui d’Ispahan. Les États-Unis réclament leur extraction et leur transfert hors du territoire iranien. À cela s’ajoute l’exigence de rouvrir le détroit d’Ormuz, axe vital pour le commerce mondial, que l’Iran utilise comme moyen de pression dans ce bras de fer géopolitique.

Dans les coulisses, les négociations ont pourtant été intenses. Pendant près de vingt-et-une heures, les deux parties ont échangé, multipliant les interruptions pour consulter leurs capitales respectives. J. D. Vance a ainsi été en contact régulier avec Donald Trump, mais aussi avec le secrétaire d’État Marco Rubio et le chef du Pentagone Pete Hegseth. Malgré cette mobilisation, aucun compromis n’a émergé.

Côté iranien, le discours se veut plus nuancé. Le porte-parole de la diplomatie, Esmaeil Baqaei, évoque des échanges substantiels couvrant un large spectre : nucléaire, levée des sanctions, réparations de guerre et sécurité maritime. Mais il dénonce également des « exigences excessives » de la part de Washington, appelant à une reconnaissance des intérêts légitimes de l’Iran.

L’arrêt brutal des discussions a surpris jusqu’aux négociateurs iraniens, qui s’attendaient à une simple suspension avant reprise. Cette rupture jette une incertitude majeure sur le cessez-le-feu conclu quelques jours plus tôt, déjà fragile. Pendant ce temps, sur le terrain, les enjeux militaires persistent, notamment autour du détroit d’Ormuz, où les forces américaines ont entamé des opérations de déminage afin de sécuriser la navigation.

En déplacement à Miami, Donald Trump a affiché un certain détachement quant à l’issue des négociations, affirmant que les États-Unis avaient déjà « gagné ». Une déclaration qui illustre la fermeté revendiquée par Washington, mais qui laisse planer le doute sur la suite du processus diplomatique.

Source :

Le Monde – Guerre en Iran : J. D. Vance met fin aux pourparlers d’Islamabad – lien

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