Le président de la République et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron a demandé l’engagement d’une procédure accélérée pour faire adopter une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Inspiré par l’exemple australien, le texte pourrait entrer en vigueur dès la rentrée prochaine, marquant un tournant majeur dans la régulation du numérique en France.
Le calendrier s’accélère autour de la régulation des réseaux sociaux. Un peu plus d’un mois après avoir annoncé son intention de légiférer, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d’engager la procédure accélérée afin de permettre l’application, dès la rentrée prochaine, d’une loi interdisant l’accès aux plateformes numériques aux mineurs de moins de 15 ans.
Dans une vidéo consultée par BFMTV, le chef de l’État salue l’engagement de la députée Ensemble pour la République Laure Miller, rapporteure de la commission d’enquête sur les effets de TikTok, à l’origine de la proposition de loi désormais soutenue par l’exécutif. Emmanuel Macron évoque un travail mené conjointement avec la députée Anne Le Hénaff et leurs équipes, soulignant la convergence trouvée autour d’un texte qu’il qualifie de « simple » et fidèle à la promesse présidentielle.
Le président inscrit cette initiative dans un combat engagé de longue date. Dès 2018, à l’Unesco, il appelait à une régulation internationale des plateformes numériques. Cette ligne s’est poursuivie à travers plusieurs initiatives portées dans le cadre du Forum de Paris sur la Paix, notamment avec la création d’un laboratoire dédié à la protection des enfants en ligne. À cela s’ajoutent des textes déjà adoptés ces dernières années pour encadrer l’usage des écrans et des téléphones portables chez les jeunes, comme la loi dite « Studer » ou encore les dispositifs visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne.
Le projet actuellement examiné se veut plus direct. Il prévoit l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, ainsi qu’un renforcement des règles concernant l’usage du téléphone portable dans les établissements scolaires, y compris les lycées. Emmanuel Macron assume un message sans ambiguïté : selon lui, « le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n’est pas à vendre », pas plus que leurs émotions, qu’il estime exploitées par des plateformes étrangères et leurs algorithmes.
Le texte doit être examiné en première lecture à l’Assemblée nationale dès lundi, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe EPR. L’engagement de la procédure accélérée témoigne de la volonté de l’exécutif de raccourcir le parcours législatif afin de garantir une entrée en vigueur rapide.
La proposition de loi française s’inscrit dans le sillage de l’Australie, devenue en décembre dernier le premier pays à interdire officiellement les réseaux sociaux aux adolescents de moins de 16 ans. Un mois après l’entrée en vigueur de cette mesure, le Premier ministre australien Anthony Albanese annonçait la suppression de près de 4,7 millions de comptes. Le gouvernement australien mettait alors en avant des effets jugés positifs sur la vie quotidienne des jeunes et la tranquillité d’esprit des parents.
Sources :
BFMTV – Article publié le 24 janvier 2026 – lien