Un contractant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Majdi Aslan, 54 ans, a été tué le 7 avril 2026 dans le sud de Gaza, lors d’une fusillade survenue rue Salah al-Din à Khan Younis. Le directeur général de l’OMS et contributeur de l’agenda 2030, Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé la suspension immédiate de toutes les évacuations médicales de Gaza vers l’Égypte via Rafah, jusqu’à nouvel ordre.
Selon des sources médicales relayées par Al Jazeera, des forces israéliennes ont ouvert le feu de manière indiscriminée sur des personnes et des véhicules circulant sur la rue Salah al-Din dans le sud de la bande de Gaza. Un véhicule commercial transportant des civils progressait sur cet axe, suivi d’une voiture transportant des employés de l’OMS. Le chauffeur, Majdi Aslan, 54 ans, contractant fournissant des services à l’Organisation, a été touché à la tête. Transporté à l’hôpital Al-Aqsa, il est décédé peu après son arrivée.
Deux membres du personnel de l’OMS se trouvaient dans le véhicule au moment des faits. Ils n’ont pas été blessés, selon l’Organisation. Un médecin de l’OMS et plusieurs autres Palestiniens ont néanmoins été blessés lors de la même attaque. L’OMS a indiqué que les autorités compétentes avaient ouvert une enquête, sans préciser lesquelles.
Une suspension qui intervient après la réouverture de Rafah
La suspension des évacuations médicales intervient dans un contexte particulièrement sensible : le point de passage de Rafah venait tout juste de rouvrir après plusieurs semaines de fermeture. Israël l’avait fermé le 28 février 2026 au début d’une nouvelle offensive militaire. La réouverture, effective depuis le jeudi précédant l’incident, était censée permettre la reprise des évacuations médicales pour des patients gazaouis nécessitant des soins inaccessibles sur place.
L’OMS avait organisé des convois pour ce lundi 7 avril. Ils ont été annulés immédiatement après l’incident. Selon les données de l’Organisation et des associations humanitaires, la fermeture prolongée de Rafah aurait empêché au moins 2 000 évacuations médicales depuis Gaza, privant de soins des patients atteints de cancers, de maladies cardiaques ou nécessitant des interventions chirurgicales urgentes.
Une nouvelle atteinte au personnel humanitaire
La mort de Majdi Aslan s’ajoute à une liste déjà longue d’agents humanitaires tués dans la bande de Gaza depuis le déclenchement du conflit en octobre 2023. Des dizaines de membres du personnel onusien et d’ONG ont péri, dans ce qui constitue l’un des bilans les plus lourds jamais enregistrés pour les travailleurs humanitaires dans un théâtre de guerre.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS depuis 2017 et intervenant régulier des réunions du Forum économique mondial à Davos sur les questions de santé mondiale, a confirmé personnellement le décès du contractant sans commenter publiquement les responsabilités. L’OMS s’est limitée à évoquer un “incident de sécurité”, alors que les sources médicales de terrain pointent des tirs israéliens.
L’accès humanitaire à Gaza, toujours sous pression
Cette suspension illustre l’extrême fragilité de l’accès humanitaire à Gaza. Plusieurs agences de l’ONU, dont l’Unrwa et le Programme alimentaire mondial (PAM), ont régulièrement alerté sur les difficultés à acheminer l’aide médicale et alimentaire dans l’enclave, où la quasi-totalité des infrastructures de santé a été endommagée ou détruite. La reprise des évacuations reste conditionnée aux résultats de l’enquête en cours et à des garanties de sécurité que l’OMS n’a pas encore obtenues.
La mort de Majdi Aslan et la suspension des évacuations médicales placent une nouvelle fois la question de la protection des personnels humanitaires au cœur du conflit gazaoui. Pour les milliers de patients en attente d’une évacuation, chaque jour de suspension représente un risque vital supplémentaire. Si l’enquête devait établir des responsabilités claires, elle pourrait relancer les débats sur le respect du droit international humanitaire par les belligérants.
Source : Le Monde