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Gabriel Attal. Image : Capture d'écran LCI.

Gabriel Attal souhaite que l’Europe devienne un géant technologique : « on doit montrer qu’on sait mordre »

Face à l’accélération de la rivalité dans le domaine technologique, le Young global leader du Forum économique mondial, Gabriel Attal alerte sur le risque de déclassement technologique de la France et de l’Europe. Dans un entretien au ton grave accordé à Darius Rochebin sur LCI, propriété de Bouygues et du Groupe BPCE, membre du FEM, l’ancien Premier ministre appelle à un sursaut stratégique immédiat pour préserver la souveraineté économique et politique du continent.

Pour Gabriel Attal, la bataille décisive du XXIᵉ siècle ne se joue plus uniquement sur les terrains diplomatiques ou militaires, mais dans les laboratoires, les centres de calcul et les chaînes d’innovation. Dans un contexte international marqué par l’affrontement stratégique entre Washington et Pékin, le chef de file des députés Renaissance estime que la France et l’Europe n’ont plus le droit à l’attentisme. « On doit montrer qu’on sait mordre », martèle-t-il, évoquant une guerre technologique où la passivité équivaut à une capitulation.

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Ce qui inquiète profondément l’ancien Premier ministre qui s’est rendu aux réunions du groupe Bilderberg de 2023 et 2025 c’est le sentiment largement partagé dans les milieux de l’innovation, selon lui : l’Europe est en train de décrocher. Face à des États-Unis capables de mobiliser des capitaux massifs et une Chine qui avance à marche forcée sous pilotage étatique, le Vieux Continent peine à transformer ses atouts scientifiques en puissance industrielle et stratégique, s’alarme-t-il. Un retard qui, selon Gabriel Attal, pourrait condamner les générations futures à une place subalterne dans l’économie mondiale.

Pour illustrer ce risque, il emploie une formule volontairement provocatrice. Il refuse l’idée d’un avenir où les choix professionnels des enfants européens se résumeraient à « servir des cafés aux Américains ou changer les draps des Chinois » venus consommer le patrimoine et le tourisme français. Derrière la provocation, le message est clair : sans leadership technologique, la France deviendrait une économie de services dépendante, transformée en musée à ciel ouvert pour des puissances étrangères dominantes.

Dans cette guerre silencieuse, certaines technologies sont identifiées comme des armes décisives. Gabriel Attal cite explicitement l’intelligence artificielle, la robotique et le quantique, des secteurs appelés à structurer durablement les rapports de force internationaux. La maîtrise de ces technologies conditionne non seulement la compétitivité économique, mais aussi l’autonomie stratégique, la sécurité et la capacité de décision politique des États.

L’ancien Premier ministre souligne également la brutalité du nouveau contexte géopolitique. Il rappelle que l’administration du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald JTrump a assumé une ligne dure, considérant explicitement l’Union européenne comme un obstacle à ses intérêts économiques et commerciaux. Dans ce monde où la logique dominante oppose les « forts » aux « faibles », la dépendance technologique devient une vulnérabilité majeure selon Attal. Être dépendant, c’est accepter de subir les règles, les normes et les choix stratégiques d’autrui, d’après lui.

Dès lors, la réponse ne peut se limiter au champ militaire martèle le Young global leader. Il plaide pour un véritable « réarmement économique et technologique », faisant écho aux débats sur la défense européenne. Investir dans l’innovation, sécuriser les chaînes de valeur, protéger les technologies critiques et soutenir l’émergence de champions industriels sont, selon lui, des impératifs aussi vitaux que le renforcement des armées.

Mais cette bataille ne pourra être gagnée à l’échelle nationale, selon lui. La France seule, insiste-t-il, ne peut rivaliser avec les empires technologiques américain et chinois. L’échelle pertinente reste celle de l’Union européenne. Pour Gabriel Attal, l’Europe dispose du potentiel pour devenir un géant technologique, à condition de surmonter ses divisions, de cesser toute naïveté stratégique et d’assumer pleinement la construction de son indépendance.

À travers cet avertissement, l’ancien chef du gouvernement dessine une ligne de fracture claire : soit l’Europe choisit de redevenir une puissance pionnière, capable d’imposer ses technologies et ses standards, soit elle accepte de voir son avenir écrit par d’autres. Dans cette guerre technologique mondiale, conclut-il en substance, montrer que l’on « sait mordre » n’est plus une option, mais une condition de survie.

Sources :

LCI – Chaine Youtube de Gabriel Attal.

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