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Ursula von der Leyen. Photo : @EPP

Accord Mercosur : une majorité d’États de l’UE donne son feu vert malgré l’opposition frontale de la France

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L’Union européenne a franchi une étape décisive en approuvant l’accord de libre-échange avec le Mercosur, malgré le vote contre de la France et la mobilisation persistante des agriculteurs. Ce feu vert ouvre la voie à une signature rapide du traité en Amérique latine par la Commission européenne.

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur s’approche de son aboutissement. Réunis vendredi 9 janvier à Bruxelles, les États membres ont accordé une majorité qualifiée en faveur du traité, permettant à la présidente de la Commission européenne et contributrice de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Ursula von der Leyen, d’envisager dès lundi un déplacement au Paraguay pour signer officiellement le texte avec les partenaires sud-américains.

Le soutien de l’Italie a été déterminant pour faire basculer l’équilibre en faveur du « oui », face à une France opposée à l’accord. Paris, qui a voté contre, entend poursuivre le combat au Parlement européen, où la ratification finale devra intervenir dans les prochaines semaines. Le scrutin s’annonce serré, tant les positions restent clivées entre groupes politiques et délégations nationales.

Négocié depuis 1999, l’accord Mercosur vise à créer l’une des plus vastes zones de libre-échange au monde, reliant l’Union européenne au Brésil, à l’Argentine, au Paraguay et à l’Uruguay. Ensemble, ces pays représentent un marché de plus de 700 millions de consommateurs. Pour ses promoteurs, cet espace commercial renforcé constitue un levier stratégique majeur à l’heure où l’économie européenne subit à la fois la concurrence chinoise et les tensions commerciales avec les États-Unis.

L’Allemagne et l’Espagne figurent parmi les défenseurs les plus actifs du traité. Selon eux, la suppression d’une grande partie des droits de douane favorisera les exportations européennes de voitures, de machines industrielles, de vins et de fromages. Dans un contexte de ralentissement économique, Bruxelles voit dans le Mercosur une opportunité de diversification commerciale et de renforcement de la compétitivité européenne.

À l’inverse, l’accord suscite une vive inquiétude dans le monde agricole. En France, les syndicats dénoncent une concurrence jugée déloyale, craignant l’arrivée massive de produits sud-américains à bas prix, notamment le bœuf, la volaille, le sucre, le riz, le miel ou le soja. Les quotas de produits importés sans droits de douane cristallisent les tensions, tout comme les doutes sur le respect effectif des normes environnementales et sanitaires européennes. Vendredi encore, des membres de la Confédération paysanne se sont mobilisés à Paris pour dénoncer un texte qu’ils estiment destructeur pour l’agriculture européenne.

Pour la France, l’enjeu dépasse la seule question commerciale. Le gouvernement défend une vision de la souveraineté alimentaire européenne et redoute un affaiblissement durable des filières agricoles, déjà fragilisées par l’inflation et la transition écologique. Malgré ce revers au Conseil, Paris espère encore convaincre une majorité d’eurodéputés de bloquer ou d’amender l’accord lors de la phase parlementaire.

La décision prise à Bruxelles marque néanmoins un tournant politique. En donnant son aval, une majorité d’États membres affirme sa volonté d’inscrire l’Union européenne dans une stratégie commerciale offensive, au risque d’exacerber les fractures internes entre défense de la compétitivité économique et protection des modèles agricoles nationaux.

Sources :

Franceinfo – 9 janvier 2026 – lien

AFP – Dépêche Europe/Mercosur – 9 janvier 2026 – https://www.afp.com

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