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Pete Hesgeth. Image : Réseaux sociaux

États-Unis : l’évangélisme militariste brise l’ordre moral mondial

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Pete Hegseth, secrétaire à la Défense américain, a prié publiquement au Pentagone pour exercer “une violence écrasante contre ceux qui ne méritent pas de pitié”, ciblant explicitement l’Iran. Derrière cette posture, c’est tout le projet des nationalistes évangéliques de l’équipe Trump qui se dévoile : utiliser la foi chrétienne pour légitimer la guerre et détruire les fondements de l’ordre international construit depuis 1945. 

Pete Hegseth arbore sur le torse un tatouage de croix de Jérusalem, symbole popularisé lors des Croisades. Un autre de ses tatouages porte l’inscription “Deus Vult” – “Dieu le veut”, cri de bataille des croisés médiévaux. Ces marquages ne sont pas anodins. Lors d’une cérémonie religieuse organisée au sein même du Pentagone – lieu constitutionnellement tenu à l’écart de toute religion d’État -, le secrétaire à la Défense a imploré la violence divine contre l’Iran. Sa rhétorique qualifie les Iraniens de “fanatiques religieux”, une désignation qui procède d’une logique délibérée de déshumanisation de l’adversaire. Le contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump, qui se déclarait encore presbytérien en 2019 avant de changer de cap, couvre de son soutien cette dérive évangélique radicale.

La politique étrangère américaine sous le signe de la croix

L’exploitation de la foi chrétienne à des fins politiques et militaires n’est pas nouvelle aux États-Unis. Mais l’administration Trump en a fait un marqueur identitaire central. La dénonciation officielle des Iraniens comme “fanatiques religieux” s’inscrit dans une rhétorique de peur et de haine de l’Autre – en l’occurrence les musulmans chiites – que Trump avait inaugurée dès son premier mandat avec l’interdiction d’entrée sur le territoire américain pour les ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane. Le pape Léon a fermement rejeté cette vision lors d’une messe des Rameaux à Rome, citant Isaïe : “Nul ne peut se servir de Jésus pour justifier la guerre.” Rowan Williams, ancien archevêque de Cantorbéry, partage cette condamnation.

La désintégration de l’ordre moral international

Au-delà du cas iranien, c’est l’effondrement d’un cadre moral global qui est en jeu. L’assassinat de l’ayatollah Ali Khamenei par Israël, chef spirituel des chiites du monde entier, a provoqué des fractures sectaires profondes à travers le Moyen-Orient. Des schismes traversent aussi le conflit ukrainien, où les organisations liées à l’Église orthodoxe russe pro-Poutine sont interdites par Kiev. Face à cette désintégration, la chroniqueuse américaine Lydia Polgreen pose une question essentielle : Trump est-il seul responsable, ou n’est-il que “l’accomplissement de ce qu’a toujours été l’Amérique – une nation satisfaite d’elle-même, autorisée par ses mythes à faire ce qu’elle veut ?” La présidence Trump, selon elle, “a révélé un mal plus ancien : la foi inébranlable de l’Amérique en sa capacité à façonner le monde à son image, indifférente à ce que les autres pourraient vouloir”.

En ce dimanche de Pâques 2026, le fossé entre le Christ des Évangiles et le Christ des nationalistes évangéliques américains n’a jamais paru aussi large. Ce que Trump et Hegseth appellent foi n’est, aux yeux d’une large partie de la communauté internationale, qu’un prétexte habillé en religion pour conduire une politique de puissance débarrassée de tout scrupule moral.


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Meta description : Pete Hegseth mobilise l’évangélisme pour justifier la guerre contre l’Iran. Une dérive analysée par Simon Tisdall qui brise l’ordre moral mondial.

Source : The Guardian — Simon Tisdall

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