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Joesph Kent. Photo : @Office of the Director of National Intelligence

États-Unis : Joe Kent quitte ses fonctions en dénonçant une guerre en Iran dictée par « l’influence d’Israël »

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Le directeur du Centre national américain de lutte contre le terrorisme, Joe Kent, a annoncé sa démission dans une lettre adressée à Donald Trump. Il y critique frontalement la guerre en Iran, affirmant qu’aucune menace immédiate ne pesait sur les États-Unis. Un texte rare, à la fois politique et personnel, qui met en cause les fondements mêmes de l’engagement américain.

C’est une prise de position d’une rare gravité au sommet de l’appareil sécuritaire américain. Joe Kent, jusqu’ici directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, a annoncé sa démission immédiate dans une lettre adressée au président et contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump. En cause : son opposition à la guerre menée contre l’Iran, qu’il juge injustifiée.

Dans ce courrier rendu public le 17 mars, l’ancien militaire affirme ne pouvoir « en son âme et conscience » soutenir ce conflit. Selon lui, l’Iran « ne représentait aucune menace imminente » pour les États-Unis au moment du déclenchement des opérations. Une affirmation qui contredit directement l’argumentaire avancé par Trump pour justifier l’intervention.

Au-delà de cette contestation, Joe Kent met en cause les ressorts mêmes de la décision américaine. Il évoque une guerre engagée sous l’influence d’Israël et de relais d’opinion aux États-Unis, accusés d’avoir alimenté une dynamique pro-conflit. Le haut responsable parle d’une « campagne de désinformation » ayant contribué à convaincre l’administration de l’existence d’un danger immédiat.

Ce diagnostic s’inscrit dans une critique plus large de l’évolution de la doctrine américaine. Kent rappelle que lors de son premier mandat, Donald Trump avait défendu une approche plus restrictive de l’engagement militaire, fondée sur le refus des « guerres sans fin » au Moyen-Orient. Il cite notamment l’élimination du général iranien Ghassem Soleimani et la lutte contre l’organisation État islamique comme exemples d’actions ciblées, menées sans enlisement prolongé.

Dans sa lettre, il établit un parallèle explicite avec la guerre en Irak, qualifiée de « désastreuse ». Selon lui, les mêmes mécanismes auraient été à l’œuvre : construction d’une menace exagérée, promesse d’une victoire rapide et mobilisation politique autour d’un récit sécuritaire contestable. « Nous ne pouvons pas refaire cette erreur », insiste-t-il.

Le texte prend également une dimension personnelle. Vétéran ayant été déployé à onze reprises, Joe Kent évoque son expérience directe du combat et les pertes humaines qu’il a subies. Il rappelle notamment la mort de son épouse, tuée dans un conflit qu’il qualifie de « fabriqué ». Shannon Kent, militaire américaine, a été tuée en Syrie en 2019, lors d’un attentat revendiqué par l’État islamique.

Au fil de la lettre, l’ancien directeur appelle le président américain à reconsidérer sa position. Il l’exhorte à « changer de cap » et à éviter un nouvel enlisement militaire, évoquant le risque d’un déclin accru des États-Unis en cas de poursuite du conflit. « Vous avez les cartes en main », conclut-il, dans une formule qui sonne comme une mise en garde autant qu’un appel à la responsabilité.

Cette démission intervient dans un contexte international particulièrement tendu, marqué par l’implication conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Elle met en lumière des dissensions internes au sein même des institutions chargées de la sécurité nationale, et pose, en creux, la question de la légitimité et des objectifs réels de cette guerre.

Sources :

Le Monde – Article du 17 mars 2026 – lien

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