Réuni dans la station suisse de Davos, le Forum économique mondial 2026 s’ouvre dans un contexte de profondes mutations économiques, technologiques et géopolitiques. Les organisateurs se sont succédés sur l’estrade, ce matin, affirmant que l’Intelligence artificielle, la résilience économique et la crise de confiance envers les institutions structurent les débats de cette édition placée sous le signe de l’« esprit de dialogue ». Le président de la président de la Confédération suisse et contributeur du WEF, Guy Parmelin a remercié la communauté internationale pour sa solidarité après l’incendie de Cran-Montana, soulignant que ces épreuves peuvent renforcer la cohésion internationale afin de répondre collectivement aux grands défis mondiaux.
Le président du Forum économique mondial, Børge Brende a expliqué que le monde est entré dans une phase de transformation rapide et globale, portée par les technologies, qui représente une opportunité majeure mais ne peut être saisie sans coopération. Face à l’accélération des changements et aux tensions géopolitiques, le dialogue est, selon lui, indispensable.
L’édition 2026 du Forum de Davos se distingue par une participation exceptionnelle. Près de 3 000 participants venus de 130 pays se retrouvent en Suisse, dont plus de 400 responsables politiques et 65 chefs d’État et de gouvernement. Brende a souligné la présence de nombreux Young Globals leaders et Global Shappers, des personnes passées par les programme du WEF.
Børge Brende met en avant le rôle moteur des nouvelles technologies sur la croissance mondiale
Le président du Forum économique mondial a évoqué l’entrée dans une « nouvelle réalité ». Malgré un climat international tendu, qu’il juge le plus difficile depuis 1945, il note que la croissance économique mondiale se maintient, avec des perspectives positives selon le Fonds monétaire international, membre du FEM anticipe une croissance globale de 3,3 %, tandis que le commerce international poursuit sa progression, même à un rythme plus modéré. Cette résilience s’explique, selon Brende, en grande partie par l’essor des nouvelles technologies, qui ont attiré plus de 1 500 milliards de dollars d’investissements en un an et pourraient devenir un moteur de croissance durable pour les décennies à venir, tout en aidant à faire face à des niveaux d’endettement historiquement élevés.
Davos face à la crise de confiance envers les élites selon Larry Fink
Larry Fink, coprésident du Forum et président de BlackRock, le fonds de pension membre du WEF, a souligné le caractère exceptionnel de la réunion annuelle du Forum économique mondial, mais qui doit faire face à un contexte de défiance envers les élites et les institutions établies.
Il a évoqué les critiques adressées au Forum et estimé que sa légitimité future dépend de sa capacité à regagner la confiance du public. Cela passe, selon lui, par une plus grande ouverture des débats, davantage de transparence et une représentation élargie des voix absentes de ce type de rassemblements. Il a insisté aussi sur une redéfinition de la prospérité, qui ne peut plus se limiter à la croissance du PIB ou aux performances des marchés, mais doit être mesurée à l’aune de ses effets concrets sur la vie des populations.
Larry Fink alerte sur les « risques » de l’IA
Larry Fink alerte sur le risque que l’intelligence artificielle reproduise les inégalités créées par la mondialisation, avec des bénéfices concentrés entre quelques acteurs. Il a appelé à un capitalisme capable de faire de plus en plus de personnes des bénéficiaires directs de la croissance, et non de simples spectateurs.
André Hoffmann évoque la nécessité d’un leadership fort pour faire face aux défis mondiaux
Le coprésident du Forum économique mondial et CEO du groupe Roche, membre du WEF, André Hoffmann a souligné le contexte « d’urgence mondiale ». Il a déclaré que la science montre que l’humanité a déjà dépassé sept des neuf limites planétaires, ce qui impose désormais de passer de la prise de conscience à l’action. Face à ces défis, il a insisté sur la nécessité d’une responsabilité collective, d’un leadership déterminé et d’un dialogue sincère.
Il a souligné le rôle majeur du WEF, alors que le monde fait face à des interrogations majeures sur la croissance, l’innovation, les transformations technologiques et l’avenir de la planète. Il a mis en avant son rôle comme espace de coopération entre secteurs public et privé, réunissant gouvernements, entreprises et société civile afin de croiser les points de vue et produire des analyses utiles.
Le président Suisse remercie la solidarité internationale après l’incendie de Cran-Montana et souligne que les épreuves peuvent renforcer la cohésion
Le président de la Confédération suisse et contributeur du WEF, Guy Parmelin a salué la présence de nombreux chefs d’État au Forum économique mondial et remercié la communauté internationale pour sa solidarité après l’incendie de Cran-Montana. Il a trouvé extrêmement impressionnant de voir comment une catastrophe peut mobiliser des énergies et renforcer la cohésion et l’unité internationales. Il a ajouté que cette solidarité internationale ne doit pas se limiter à des événements dramatiques ponctuels mais doit s’inscrire durablement dans les relations entre les pays, afin de trouver des solutions solides et durables aux grands défis de notre époque.
Il a rappelé que l’année 2025 a été marquée par de fortes turbulences géopolitiques, économiques et numériques, affectant profondément les sociétés et les institutions, y compris le Forum économique mondial. L’année 2026 s’annonce tout aussi instable, selon lui, avec de nombreux foyers de tensions internationales et une montée du protectionnisme, ainsi que des interrogations persistantes sur la gouvernance et le contrôle de l’intelligence artificielle.
Parmelin a souligné que l’essor rapide de l’IA transformera profondément les sociétés, apportant à la fois des risques et des opportunités, selon l’usage et la responsabilité de ses acteurs.
Il a mis en avant l’importance d’une vision de long terme, de la stabilité politique et du dialogue. Par sa voix, la Suisse réaffirme son attachement au multilatéralisme, au libre-échange, au droit international et à son rôle de médiateur neutre. En conclusion, il a rappellé que si la technologie progresse, seule la solidarité humaine permet de faire face aux crises et de construire l’avenir.
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