En moins d’un mois, la Chine a intensifié son programme spatial avec une cadence impressionnante : neuf lancements de satellites en seulement vingt-cinq jours. L’objectif est clair : rattraper le retard accumulé face à SpaceX et bâtir une constellation concurrente au Starlink américain.
Au moins cinq de ces lancements sont liés au programme Zhongguo Xingwang (GW), supervisé par le Groupe chinois de réseaux satellitaires. Pékin prévoit de mettre en orbite quelque 13 000 satellites, indispensables au développement de l’Internet spatial, des services de géolocalisation et de la surveillance.
L’urgence est dictée par l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui attribue les fréquences radio au niveau mondial. Tout retard pourrait signifier la perte de droits d’exploitation pour la Chine.
Un retard difficile à combler
Malgré cette accélération, le fossé reste immense. Selon le New York Times, SpaceX dispose déjà de 8 000 satellites en orbite basse et vise les 42 000 à terme, quand la Chine n’en compte encore qu’une centaine. Le défi est aussi industriel : SpaceX bénéficie d’une chaîne de production mature et de lanceurs réutilisables (Falcon 9), un avantage que Pékin ne possède pas encore.
Un outil stratégique
Au-delà de la bataille technologique, l’enjeu est géopolitique. La presse chinoise nationaliste présente la constellation GW comme un futur outil de contre-espionnage face aux États-Unis. Certains médias évoquent même un “œil dans le ciel” capable de surveiller les mouvements américains dans le Pacifique.
La course aux constellations
D’ici à 2029, près de 57 000 satellites devraient graviter en orbite terrestre basse. Dans cette compétition, la Chine veut prouver qu’elle n’est pas condamnée à rester derrière. Comme le résume un média de Shanghai, ces lancements massifs ne sont pas que des démonstrations : “La Chine ne se contente pas de paroles creuses, elle agit.”
Source : Courrier International.