L’homme d’affaires Éric Robic a été tué par balles en pleine rue à Neuilly-sur-Seine, jeudi matin. Connu de la justice pour de nombreuses affaires, il a succombé à ses blessures après une attaque éclair menée par deux hommes à scooter. L’enquête, désormais entre les mains de la juridiction spécialisée, débute dans un climat de fortes interrogations.
La scène s’est déroulée en quelques secondes, dans une rue pourtant ordinaire de Neuilly-sur-Seine. Jeudi matin, aux alentours de 9h30, Éric Robic, 51 ans, a été pris pour cible par deux individus casqués circulant sur un scooter de type TMAX. Plusieurs coups de feu sont tirés à bout portant devant un immeuble du boulevard Victor-Hugo. À l’arrivée des secours, l’homme est grièvement blessé. Malgré l’intervention rapide des pompiers, il succombe à ses blessures peu après 10 heures.
Le mode opératoire, rapide et méthodique, évoque une exécution ciblée. Les assaillants, immédiatement en fuite, n’ont laissé derrière eux que peu d’indices visibles. Un périmètre de sécurité est rapidement déployé dans ce secteur sensible, situé à proximité des services de la Direction générale de la sécurité intérieure à Levallois-Perret.
Dans les premières minutes, un flou entoure l’identité de la victime. Mais les enquêteurs établissent rapidement qu’il s’agit d’un homme au passé judiciaire particulièrement chargé. Le casier d’Éric Robic comporte douze condamnations depuis le milieu des années 1990, allant des infractions financières à des faits de violences, en passant par des délits d’association de malfaiteurs.
Son nom reste surtout associé à un drame survenu en 2011 à Tel-Aviv, où il avait fuit pour ne pas répondre la justice française pour une affaire d’escroquerie en bande organisée. Après une nuit alcoolisée, Éric Robic avait conduit à vive allure son BMW X6 et grillé un feu rouge, percutant mortellement une jeune femme, Lee Zeitouni. Après l’accident, il avait pris la fuite avec son passager, sans porter secours à la victime, puis organisé rapidement son départ vers la France en tentant de dissimuler son identité.
Cet accident de la route avait profondément marqué l’opinion publique et suscité des tensions diplomatiques entre la France et Israël.
Jugé en France, il avait été condamné en 2013 à une peine de cinq ans de prison ferme. Gilles-William Goldnadel était l’avocat de la famille de Lee Zeitouni.
Au fil des années, l’homme avait continué à graviter dans des milieux troubles, notamment liés à des escroqueries et des montages financiers douteux. Reste désormais à comprendre si son assassinat trouve son origine dans ce passé judiciaire lourd ou dans des activités plus récentes.
L’enquête a été confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, signe de la complexité potentielle du dossier. Dans un communiqué, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, précise que les premiers témoignages font état de plusieurs tirs effectués par deux individus en fuite.
Les investigations s’orientent désormais vers l’exploitation des images de vidéosurveillance et des données téléphoniques. Les proches de la victime doivent être entendus dans les prochaines heures, tandis que les enquêteurs s’emploient à reconstituer les derniers jours d’Éric Robic. Dans ce type d’affaire, chaque détail compte. Et pour l’heure, le mobile reste une zone d’ombre.
Sources :
Le Parisien – 16 avril 2026 – lien
Le Figaro – 9 octobre 2013 – lien