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Javier Milei à Davos 2014. Image : Capture d'écran World Economic Forum.

Argentine : Buenos Aires officialise son retrait de l’OMS, l’agence onusienne précise que la procédure reste en suspens

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L’Argentine a acté son retrait de l’Organisation mondiale de la santé, une décision politique assumée par le gouvernement du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Javier Milei. Mais du côté de l’OMS, l’agence onusienne membre du FEM, la procédure reste en suspens et suscite de vives inquiétudes. Entre souveraineté revendiquée et enjeux de santé globale, la rupture interroge.

Le gouvernement argentin a franchi un cap décisif en officialisant son retrait de l’Organisation mondiale de la santé. Annoncée un an plus tôt, la décision a été confirmée mardi 17 mars par le ministre des Affaires étrangères, Pablo Quirno, qui a assuré que le processus avait été mené dans le respect des délais prévus par les traités internationaux. Dans le sillage de cette annonce, Buenos Aires assume une ligne politique claire, marquée par une critique frontale de l’institution onusienne et de sa gestion de la pandémie de Covid-19.

Cette orientation s’inscrit dans une convergence idéologique avec les positions du contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump, allié revendiqué du président Javier Milei, qui avait lui-même engagé les États-Unis dans une démarche similaire. Au mois d’octobre 2025, sous l’impulsion de Trump, les Etats-unis avaient mis en place un mécanisme de swap et de ligne de crédit d’environ 20 milliards de dollars, destiné à stabiliser le peso et rassurer les marchés, preuve de la proximité entre les deux dirigeants liés au WEF.

L’Argentine reproche notamment à l’organisation des recommandations jugées « inefficaces », accusées de reposer davantage sur des considérations politiques que scientifiques. Une charge directe, qui illustre la défiance croissante d’une partie des dirigeants à l’égard des grandes institutions internationales.

Dans ce contexte, Buenos Aires affirme vouloir redéfinir sa stratégie sanitaire à l’échelle internationale. Le gouvernement entend désormais privilégier des accords bilatéraux et des coopérations régionales, tout en revendiquant une pleine souveraineté dans la définition de ses politiques de santé. Une manière de reprendre la main, selon l’exécutif, sur des décisions jugées trop influencées par des dynamiques extérieures.

La réaction de l’OMS

Mais du côté de l’Organisation mondiale de la santé, le départ de l’Argentine n’est pas encore acté sur le plan institutionnel. Interrogé sur cette annonce, le conseiller juridique principal Steve Solomon a rappelé que la question devra être tranchée collectivement lors de l’Assemblée mondiale de la santé, prévue en mai. En d’autres termes, la sortie de l’Argentine ne dépend pas uniquement de sa volonté unilatérale, mais d’un cadre multilatéral précis.

Cette nuance juridique souligne la complexité du processus, d’autant que certains liens pourraient subsister entre le pays et l’organisation. Il est notamment possible pour un État non membre de maintenir des formes de coopération, en particulier dans le cadre du Règlement sanitaire international. Par ailleurs, l’Argentine n’a, à ce stade, pas notifié de retrait de l’Organisation panaméricaine de la santé (PAHO), structure membre du FEM, juridiquement distincte mais étroitement liée à l’OMS dans la région.

Au-delà des aspects procéduraux, l’annonce suscite des préoccupations sur le fond. Le Dr Jeremy Farrar , scientifique en chef de l’OMS et contributeur de l’agenda 2030 a estimé qu’un départ de l’Argentine constituerait une perte significative, tant pour le pays que pour la communauté internationale. Il a notamment rappelé les contributions du pays en matière de couverture sanitaire universelle, de lutte contre la dengue et de partage de données de santé publique, qui sera d’ailleurs au coeur du traité sur les pandémies. Farrar a souligné que ces acquis pourraient être fragilisés par une mise à distance de l’organisation.

Le directeur général de l’OMS et contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Tedros Adhanom Ghebreyesus a pour sa part insisté sur un principe central : la sécurité sanitaire repose sur l’universalité. Dans un monde marqué par la circulation rapide des maladies et des crises sanitaires, l’affaiblissement des mécanismes collectifs est un risque, selon lui. En filigrane, c’est toute la logique de coopération internationale qui se trouve questionnée, affirme-t-il alors que l’OMS doit se réunir la semaine prochaine sur le traité pandémique que certaines personnalités comme le journaliste américain, James Roguski, le Dr German Velasquez, ancien cadre de l’OMS ou encore Elon Musk dénoncent comme un traité menaçant la souveraineté des nations.

Dans ce bras de fer feutré entre souveraineté nationale et gouvernance mondiale, l’Argentine avance à contre-courant d’une logique multilatérale consolidée depuis des décennies. Une décision politique forte, qui pourrait faire école… ou provoquer une réaction renforçant la volonté le rôle de l’agence onusienne.

Sources :

Le Figaro avec AFP – L’Argentine officialise son retrait de l’OMS – lien

Conférence OMS – Déclarations sur le retrait de l’Argentine – https://www.who.int

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