You are currently viewing Aimoove : une plateforme pour anticiper les pannes automobiles grâce à l’IA
L'équipe d'Aimoove. Photo : compte Linkedin Aimoove.

Aimoove : une plateforme pour anticiper les pannes automobiles grâce à l’IA

Face aux scandales à répétition dans l’industrie automobile et à la défiance croissante des consommateurs, Aimoove, mise sur l’intelligence artificielle pour prédire la fiabilité des véhicules. Son fondateur Sourideth Inthavong revient sur l’origine du projet, son fonctionnement et ses ambitions.

À l’origine d’Aimove, une mésaventure classique. Son fondateur raconte avoir acheté une voiture d’occasion dans sa jeunesse, avant de devoir faire face à une panne coûteuse quelques mois plus tard. Une réparation à plus de 2 000 euros qui a agi comme un déclencheur.

« C’est un peu comme ça qu’a débuté l’histoire d’Aimove », explique-t-il. L’objectif : éviter à d’autres consommateurs de subir ce type de situation, en leur donnant accès à des informations fiables avant l’achat.

Aller au-delà de l’historique des véhicules

Le marché n’était pas vierge. Des acteurs proposent déjà des rapports sur l’historique des véhicules. Mais Aimove entend se différencier en changeant de perspective.

« L’historique est important, mais ce qui compte aussi, c’est de savoir ce qui va arriver dans la vie du véhicule », souligne Sourideth Inthavong.

La plateforme propose ainsi des rapports de fiabilité prédictifs, destinés aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels du secteur : assureurs, centres de contrôle technique ou encore garages.

Une IA alimentée par des données multiples

Au cœur du dispositif, un système basé sur l’agrégation massive de données. Aimove collecte des informations issues de sources variées : données officielles, constructeurs, concessionnaires, garages, mais aussi forums spécialisés.

Ces données sont ensuite analysées via des algorithmes propriétaires afin de produire un rapport de fiabilité. L’objectif est d’identifier à la fois les « signaux forts », comme les rappels constructeurs ou les scandales industriels, mais aussi les « signaux faibles », souvent invisibles pour le grand public.

Le fondateur cite notamment des cas emblématiques comme le Dieselgate ou les problèmes de moteurs PureTech, qui ont marqué les consommateurs ces dernières années.

Restaurer la confiance dans un marché fragilisé

Pour Aimove, l’enjeu dépasse la simple information. Il s’agit de se positionner comme un tiers de confiance dans un marché fragilisé.

« L’achat d’un véhicule est le deuxième poste de dépense des ménages après le logement. Il faut pouvoir rassurer les consommateurs », insiste le dirigeant.

La plateforme vise ainsi à « dédramatiser » l’achat automobile, en apportant davantage de transparence et en réduisant les risques.

Des relations tendues avec certains constructeurs

Ce positionnement critique n’est pas sans conséquence. Très actif sur les réseaux sociaux, le fondateur d’Aimove n’hésite pas à interpeller les constructeurs, notamment sur leur gestion des crises.

Il évoque un post LinkedIn sur les problèmes liés au moteur PureTech, qui a suscité une réaction notable : des cadres, voire des dirigeants de haut niveau de Peugeot, dont Alain Favey auraient consulté son profil dans les heures suivant la publication.

Selon Sourideth Inthavong, les constructeurs reconnaissent rarement leurs torts et font preuve d’un manque d’empathie envers les consommateurs. Une situation qui alimente la défiance.

Un cadre réglementaire au cœur du modèle

Dans un contexte de régulation croissante, Aimove met en avant une approche conforme aux exigences européennes, notamment le RGPD et le futur règlement sur l’intelligence artificielle.

La plateforme repose exclusivement sur des données anonymisées et traçables, avec un système d’audit intégré. « Notre solution a été conçue dès le départ pour être conforme By Design», précise le fondateur.

La donnée, un enjeu stratégique et sensible

Interrogé sur les récentes fuites de données, Sourideth Inthavong rappelle leur valeur stratégique.

« Quand vous avez accès à des informations personnelles détaillées, cela peut être utilisé à des fins malveillantes », souligne-t-il.

Si ces bases de données pourraient théoriquement enrichir les analyses, Aimove affirme refuser de les exploiter pour des raisons légales et éthiques.

Laisser un commentaire