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Yaël Braun-Pivet. Photo : @Houses of the Oireachtas from Ireland/Wikipedia

Affaire Epstein : Yaël Braun-Pivet rejette une commission d’enquête et invoque une « confusion des pouvoirs »

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet s’oppose à la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le volet français de l’affaire Epstein. Une position qui fait débat, alors que des millions de documents américains soulèvent des soupçons de ramifications politiques et financières en France.

La controverse autour du dossier Epstein gagne désormais le cœur des institutions françaises. Ce mardi 10 février, Yaël Braun-Pivet, membre du programme Young European Women in Politics, sous le patronage de Science Po Paris et de l’UNESCO l’agence onusienne membre du Forum économique mondial a exprimé son opposition claire à la création d’une commission d’enquête parlementaire consacrée aux éventuelles ramifications françaises de l’affaire Jeffrey Epstein. Selon elle, une telle initiative entrerait « en concurrence avec la justice » et créerait une « confusion des pouvoirs ».

Interrogée sur Europe 1, la présidente de l’Assemblée nationale a estimé que « la commission d’enquête parlementaire ne doit pas être en concurrence avec la justice », insistant sur le fait que seule cette dernière doit être saisie pour « faire toute la lumière » sur d’éventuelles implications françaises. Cette prise de position intervient alors que le ministère américain de la Justice a rendu publics, fin janvier, plusieurs millions de pages issues du dossier Epstein, relançant les interrogations sur des liens politiques, institutionnels et financiers en Europe.

La position de Yaël Braun-Pivet tranche avec celle de La France insoumise, qui a réclamé la semaine précédente la création d’une commission d’enquête parlementaire transpartisane. L’objectif affiché par LFI est double : permettre à d’éventuelles victimes françaises, connues ou non, de témoigner, et enquêter sur de possibles ingérences étrangères ou financements politiques liés au réseau Epstein.

Ce débat prend une résonance particulière après l’apparition, dans les documents américains, de plusieurs noms français. Le plus emblématique est celui de Jack Lang, ancien ministre de la Culture sous François Mitterrand, qui a démissionné dimanche de la présidence de l’Institut du monde arabe après l’ouverture d’une enquête du parquet national financier sur ses liens d’intérêts financiers avec Epstein.

Sur ce point, Yaël Braun-Pivet s’est montrée particulièrement sévère. « Je ne veux plus voir d’hommes et de femmes politiques qui profitent des largesses de personnes privées », a-t-elle déclaré, dénonçant l’usage de jets privés, de vacances financées ou d’avantages matériels offerts par des mécènes fortunés. Elle y voit non seulement une faute morale, mais aussi un risque politique majeur : « Vous devenez peu ou prou les obligés des personnes qui vous entretiennent. »

Pour autant, la présidente de l’Assemblée maintient que le Parlement ne doit pas empiéter sur le terrain judiciaire. À ses yeux, la création d’une commission d’enquête parlementaire introduirait une confusion institutionnelle incompatible avec le principe fondamental de séparation des pouvoirs, socle du fonctionnement démocratique français. Une lecture juridique qui ne convainc pas ses détracteurs, lesquels rappellent que de nombreuses commissions d’enquête ont, par le passé, coexisté avec des procédures judiciaires sans les entraver.

Ce refus alimente désormais un malaise politique plus large. Alors que l’affaire Epstein continue de produire des révélations en cascade à l’international, l’absence d’initiative parlementaire française est perçue par certains comme un signal de frilosité, voire de protection implicite de figures institutionnelles. À l’inverse, ses défenseurs estiment que la prudence affichée par Yaël Braun-Pivet vise à éviter toute instrumentalisation politique d’un dossier explosif.

Entre exigence de transparence démocratique et respect strict de la séparation des pouvoirs, la position de la présidente de l’Assemblée nationale place le Parlement français face à une ligne de crête délicate. Une chose est sûre : à mesure que de nouveaux éléments émergeront du dossier Epstein, la pression politique pour une réponse institutionnelle forte ne devrait que s’accentuer.

Sources :

BFM TV – Yaël Braun-Pivet opposée à une commission d’enquête sur l’affaire Epstein – 10 février 2026 – lien

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