Le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et de plusieurs médias nationaux, envisage de vendre l’ensemble de ses neuf chaînes locales, dont BFM Lyon. Cette décision s’inscrit dans un vaste plan d’économies de 20 millions d’euros destiné à financer de nouveaux investissements dans le sport, les plateformes numériques et la création de contenus.
CMA Media engage un nouveau virage stratégique. Le groupe détenu par l’armateu CMA CGM, membre du Forum économique mondial et dirigé par le milliardaire Rodolphe Saadé, fils du contributeur de l’agenda 2030, Jacques R. Saade a annoncé son intention de se séparer des neuf chaînes locales de BFM, parmi lesquelles figure BFM Lyon. Cette décision intervient dans un contexte de profondes mutations du paysage audiovisuel français et de difficultés économiques croissantes pour les télévisions locales.
L’annonce a été faite mercredi par la direction du groupe auprès de l’Agence France-Presse. Elle s’inscrit dans un plan global visant à réaliser 20 millions d’euros d’économies, soit près de 5 % des coûts totaux de CMA Media.
Cette restructuration ne se fait pas sans heurts, comme en témoigne ce tweet de la journaliste lyonnaise Elodie Poyade, présentatrice de Bonsoir Lyon qui annonce que son émission n’aura pas lieu ce soir en guise de protestation.
Pour Claire Léost, directrice générale de CMA Media, ces réductions de dépenses doivent permettre de financer de nouveaux axes de développement jugés stratégiques. « Nous avons besoin de réduire nos coûts sur nos métiers traditionnels pour investir dans les nouveaux segments comme le sport, les créateurs de contenu ou les réseaux sociaux », a-t-elle expliqué à l’AFP.
Le groupe justifie également cette décision par les difficultés structurelles rencontrées par les chaînes locales. Le marché de la télévision traverse une période de transformation profonde, marquée par une baisse continue du temps passé devant le petit écran et par un transfert massif des recettes publicitaires vers les plateformes numériques.
Selon la direction, le modèle économique des chaînes locales n’a pas trouvé son équilibre. Ces antennes reposent principalement sur la publicité locale, un marché désormais largement capté par les géants du numérique, ainsi que sur les financements des collectivités territoriales, eux aussi en recul ces dernières années.
CMA Media assure toutefois vouloir préserver l’avenir de ces médias de proximité. L’objectif affiché est désormais de trouver des repreneurs capables de pérenniser leur activité. Plusieurs marques d’intérêt auraient déjà été reçues et le groupe espère finaliser des opérations de cession avant la fin de l’année 2026.
Les chaînes concernées sont BFM Lyon, BFM Marseille Provence, BFM Grand Lille, BFM Grand Littoral, BFM Dici Alpes du Sud et Haute-Provence, BFM Toulon Var, BFM Nice Côte d’Azur, BFM Alsace et BFM Normandie. Une dixième antenne, BFM Paris Île-de-France, avait déjà cessé ses activités en mars 2025.
Cette réorganisation s’accompagnera d’un plan de départs volontaires au sein du pôle audiovisuel RMC BFM. Les procédures d’information et de consultation des représentants du personnel doivent débuter à la fin du mois d’août. À ce stade, la direction n’a communiqué aucun objectif chiffré concernant le nombre de salariés potentiellement concernés.
Parallèlement, CMA Media entend poursuivre ses investissements dans les secteurs considérés comme porteurs. Le groupe prévoit notamment le lancement, dès septembre, de sa nouvelle plateforme de streaming RMC+. Il a également annoncé la création de CMA Studio, une structure de production audiovisuelle destinée à développer des contenus pour les plateformes de streaming et les réseaux sociaux.
Enfin, CMA Media poursuit son expansion dans le secteur audiovisuel avec le rachat en cours de la chaîne RMC Sport, jusqu’ici propriété du groupe Altice. Le groupe entend également accélérer son développement dans la création de contenus numériques en multipliant les partenariats avec des créateurs en ligne.
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