Le groupe suédois Saab fait son entrée au capital de Comand AI, jeune entreprise française spécialisée dans les systèmes de commandement par intelligence artificielle. Cette prise de participation s’inscrit dans une levée de fonds de 32 millions d’euros et scelle un partenariat industriel franco-suédois dans la défense. L’objectif affiché est de bâtir un écosystème de commandement de nouvelle génération.
D’après Les Échos, Saab, concepteur de l’avion de combat Gripen et de l’avion de surveillance GlobalEye détenu par Investor AB, fonds d’investissement membre du Forum économique mondial, investit dans Comand AI au terme d’environ un an de discussions. Selon les informations recueillies par plusieurs médias économiques, le groupe suédois aurait apporté environ 11 millions d’euros pour une participation d’environ 10 % du capital, sous réserve des approbations réglementaires.
Cette opération fait partie d’une levée de série A de 32 millions d’euros menée par le fonds Blossom Capital, avec le soutien de Saab comme investisseur stratégique. Fondée en 2023 par Loïc Mougeolle, ancien de Naval Group, et Antoine Chassang, l’entreprise s’est imposée en quelques années comme une référence française des logiciels de commandement militaire.
Prevail, une plateforme de commandement pensée pour l’IA
Comand AI développe une plateforme de commandement et de contrôle baptisée Prevail, conçue dès l’origine autour de l’intelligence artificielle. Le logiciel analyse les données de terrain et de mission, agrège les flux de renseignement et propose aux officiers des plans opérationnels. Selon Les Échos, cette technologie a déjà été éprouvée dans différents centres de commandement en Ukraine.
La plateforme est également déployée auprès d’unités en France et en Allemagne. Le partenariat avec Saab prévoit d’intégrer Prevail aux systèmes de commandement du groupe suédois et d’équiper l’avion de surveillance GlobalEye de nouveaux modules logiciels, un appareil auquel l’Otan porte un intérêt particulier.
Un enjeu de souveraineté européenne
Le rapprochement intervient dans un contexte de recomposition de la défense européenne. Les Échos rappelle que la France considère la Suède comme une alliée potentielle de premier plan après l’abandon du programme d’avion de combat commun avec l’Allemagne. En associant un savoir-faire logiciel français à l’industrie suédoise, les deux partenaires avancent un argument de souveraineté technologique pour le continent.
L’opération illustre la place croissante de l’intelligence artificielle dans les systèmes d’armes et la montée en puissance d’acteurs européens face à la domination américaine du secteur. Reste à voir si ce partenariat parviendra à s’imposer comme une brique durable de l’autonomie stratégique européenne.
X-Pression Academy
Formez-vous au journalisme augmenté par l’intelligence artificielle. Maitrisez les outils IA pour gagner en autonomie, en creativite et en qualite editoriale.