Le gouvernement mexicain a suspendu le projet « Perfect Day Mexico », immense parc aquatique voulu par Royal Caribbean sur la côte caraïbe. En cause : les risques environnementaux pesant sur les récifs coralliens et une mobilisation internationale massive contre le projet.
Le 19 mai 2026, le gouvernement mexicain a officiellement rejeté le projet « Perfect Day Mexico », gigantesque complexe touristique que la compagnie de croisière Royal Caribbean souhaitait construire près de Mahahual, dans l’État du Quintana Roo, sur la côte caraïbe du Mexique.
Selon Reuters, Boursorama et Mexico News Daily, le projet prévoyait la création d’un immense parc aquatique destiné aux passagers des navires de croisière de la compagnie. Le site devait comprendre plages artificielles, attractions aquatiques, restaurants, espaces VIP, commerces et infrastructures portuaires capables d’accueillir un important trafic touristique.
Mais très rapidement, le projet a provoqué une forte contestation environnementale.
Une menace directe pour les récifs coralliens
Le futur complexe devait être construit à proximité immédiate du récif mésoaméricain, deuxième plus grande barrière de corail au monde après celle d’Australie. Cet écosystème marin traverse plusieurs pays d’Amérique centrale et abrite une biodiversité exceptionnelle.
Les associations écologistes dénonçaient notamment les opérations de dragage nécessaires pour permettre l’accès des grands paquebots de croisière. Plusieurs biologistes alertaient sur les risques de destruction des coraux, déjà fragilisés par le réchauffement climatique, la pollution et l’augmentation du trafic maritime.
Les mangroves et les zones humides autour de Mahahual étaient également considérées comme menacées par l’artificialisation du littoral.
Une pétition qui dépasse les deux millions de signatures
La mobilisation contre le projet a rapidement pris une dimension internationale. Selon Vallarta Daily, une pétition contre « Perfect Day Mexico » a dépassé les deux millions de signatures.
Les opposants accusaient Royal Caribbean de favoriser un modèle de tourisme de masse destructeur pour les écosystèmes locaux. La pétition dénonçait notamment la pression sur les ressources naturelles, les risques de pollution liés aux croisières et l’impact du surtourisme dans les Caraïbes mexicaines.
Des ONG, des scientifiques, des habitants de Mahahual et plusieurs collectifs environnementaux ont largement relayé la campagne sur les réseaux sociaux ces derniers mois.
Royal Caribbean défendait un projet « durable »
Face aux critiques, Royal Caribbean assurait pourtant vouloir développer un projet respectueux de l’environnement. Selon Pax Nouvelles, la compagnie affirmait prévoir plusieurs mesures de protection écologique et mettait en avant les retombées économiques attendues pour la région.
Le groupe promettait des milliers d’emplois et défendait un modèle touristique présenté comme moderne et durable.
Mais ces arguments n’ont pas convaincu les autorités mexicaines. Le 19 mai 2026, la ministre de l’Environnement, Alicia Barcena, a estimé que les risques écologiques associés au projet étaient trop importants pour une zone aussi sensible.
Le surtourisme de plus en plus contesté
Cette affaire relance le débat autour du tourisme de croisière dans les Caraïbes. Depuis plusieurs années, plusieurs destinations mexicaines subissent les conséquences du surtourisme : pollution, saturation des infrastructures, pression immobilière et dégradation des écosystèmes marins.
Les navires de croisière sont régulièrement critiqués pour leur impact environnemental important, notamment sur les récifs coralliens et les zones côtières fragiles.
Pour les mouvements écologistes, la suspension de « Perfect Day Mexico » constitue désormais une victoire symbolique majeure face à l’expansion du tourisme industriel dans les zones naturelles sensibles.
Sources :
Boursorama / Reuters
Vallarta Daily
Reuters
Pax Nouvelles
Mexico News Daily
