Une équipe de biologistes argentins a débuté une opération de capture de rongeurs en Terre de Feu afin de déterminer si des animaux locaux sont porteurs du hantavirus des Andes. Cette enquête intervient après l’apparition d’un foyer épidémique à bord du navire de croisière Hondius, parti d’Ushuaia début avril, où trois décès ont déjà été recensés.
Les autorités sanitaires argentines tentent de lever les zones d’ombre entourant un foyer de hantavirus apparu à bord du navire de croisière Hondius. Lundi 18 mai, une mission scientifique mandatée par l’Institut Malbran, référence nationale en infectiologie dépendant du ministère de la Santé de Mario Lugones au sein du gouvernement du contributeur de l’agenda 2030, Javier Milei a commencé une campagne de capture de rongeurs en Terre de Feu, dans l’extrême sud de l’Argentine. L’objectif est clair : déterminer si certains petits mammifères présents autour d’Ushuaia peuvent être porteurs de la souche andine du virus, connue pour sa capacité rare de transmission entre humains.
L’enquête intervient dans un contexte particulièrement sensible pour cette région touristique de Patagonie. Le foyer épidémique détecté sur le Hondius a déjà causé trois morts. Le « cas zéro », un ressortissant néerlandais, avait séjourné quarante-huit heures à Ushuaia avant l’embarquement du navire le 1er avril. Depuis, l’hypothèse d’une contamination sur place divise autorités locales et scientifiques.
Officiellement, la province de Terre de Feu affirme ne recenser aucun cas de hantavirus depuis que cette infection fait l’objet d’une déclaration obligatoire en Argentine, soit depuis près de trente ans. Une position défendue avec fermeté par les autorités provinciales, soucieuses d’éviter un impact durable sur l’économie touristique locale.
Durant plusieurs jours, les biologistes venus de Buenos Aires vont installer des cages pièges dans différents secteurs boisés de l’île australe. Les captures seront ensuite analysées afin de détecter une éventuelle présence du hantavirus des Andes chez les rongeurs locaux.
Le principal suspect est un petit mammifère déjà identifié dans plusieurs régions andines : le rat pygmée de rizière à longue queue, appelé scientifiquement Oligoryzomys longicaudatus. Ce rongeur de quelques centimètres est considéré comme le principal réservoir du virus dans certaines provinces argentines et chiliennes. Mais en Terre de Feu, les scientifiques débattent encore de l’identité exacte de l’espèce présente localement.
Certains chercheurs estiment qu’il pourrait s’agir d’une sous-espèce distincte, le rat pygmée de Magellan, nommé Oligoryzomys magellanicus. Pour Juan Petrina, responsable provincial des questions d’épidémiologie, cette distinction taxonomique reste secondaire face à l’urgence sanitaire. L’essentiel, explique-t-il, consiste désormais à savoir si ces animaux sont effectivement infectés.
Les opérations de piégeage se concentreront notamment dans le parc national de la Terre de Feu, vaste espace naturel de 70 000 hectares composé de forêts australes, de lacs et de montagnes, situé à une quinzaine de kilomètres d’Ushuaia. Une autre zone boisée proche d’un site d’enfouissement sera également inspectée.
Cette décharge avait attiré l’attention des enquêteurs après des informations non confirmées évoquant une visite du patient néerlandais, amateur d’ornithologie, venu y observer des oiseaux charognards. Les autorités sanitaires excluent toutefois l’idée d’une contamination par des rats urbains présents directement sur le site d’enfouissement. Selon Juan Petrina, ces espèces ne correspondent pas aux réservoirs habituellement associés au hantavirus.
Les résultats des analyses devraient être connus dans un délai d’environ quatre semaines. En attendant, plusieurs scientifiques locaux soutiennent cette mission nationale, y voyant une occasion d’obtenir enfin des données précises sur les populations de rongeurs de Terre de Feu.
Le biologiste Guillermo DeFerrari, du Centre austral d’investigations scientifiques (CADIC) un important institut de recherche argentin situé à Ushuaïa, dépend principalement du CONICET, l’organisme national argentin de recherche scientifique par lequel sont passés les contributeurs de l’agenda 2030, Fernanda Beigel, Guillermo Cruces, Lucas Ronconi, José Hernán Sarasola ou Karen Hallberg estime que cette étude permettra d’évaluer plus rigoureusement le risque potentiel représenté par les espèces locales. Son collègue Sebastian Poljak souligne quant à lui l’isolement géographique particulier de l’archipel, séparé du continent sud-américain par le détroit de Magellan. Cette barrière naturelle aurait limité les échanges biologiques avec les populations de rongeurs porteuses du virus sur le continent.
De nombreux chercheurs privilégient désormais une autre hypothèse : une contamination du couple néerlandais lors de son long périple en Amérique du Sud. Avant d’embarquer à Ushuaia, les voyageurs avaient parcouru l’Argentine pendant plusieurs mois, avec des passages au Chili où le hantavirus est présent ainsi qu’en Uruguay.
L’Organisation mondiale de la santé, membre du Forum économique mondial avait confirmé vendredi 15 mai 2026 qu’une enquête scientifique était en cours pour déterminer l’origine de l’épidémie de hantavirus survenue à bord du MV Hondius. Elle affirmait qu’une équipe argentine pourrait se rendre la semaine prochaine à Ushuaïa, port de départ du navire, pour vérifier si le virus circulait avant l’embarquement du 1er avril. L’OMS affirmait coordonner cette opération avec l’Argentine, le Chili et l’Uruguay.
Au-delà des enjeux sanitaires, l’affaire inquiète profondément les autorités touristiques locales. Ushuaia dépend fortement des croisières australes et des départs vers l’Antarctique, un secteur qui attire jusqu’à 200 000 visiteurs par an entre septembre et avril. Dans cette ville surnommée « la porte du bout du monde », la crainte est désormais de voir le soupçon sanitaire durablement ternir l’image de la région.
Sources :
Le Monde – Article publié le 18 mai 2026 – lien
Conférence de presse de l’OMS du 15 mai
