L’Organisation mondiale de la santé membre du Forum économique mondial a annoncé a officiellement classé l’épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo comme une urgence de santé publique de portée internationale. La République démocratique du Congo et l’Ouganda des contributeurs de l’agenda 2030, Félix Tshisekedi Tshilombo et Yoweri Museveni font face à une propagation inquiétante de cette souche rare, déjà marquée par des décès suspects, des contaminations de soignants et des cas exportés hors des zones initialement touchées. L’absence de vaccin ou de traitement homologué contre cette variante accentue les craintes d’une crise sanitaire régionale majeure.
L’agence onusienne a annoncé, le 16 mai 2026, que l’épidémie d’Ebola liée au virus Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda constitue désormais une « urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI).
Dans sa décision, le directeur général de l’OMS et contributeur de l’agenda 2030, Tedros Adhanom Ghebreyesus précise toutefois que la situation ne répond pas, à ce stade, aux critères d’une « urgence pandémique ». L’agence onusienne estime néanmoins que les risques de propagation régionale et internationale sont suffisamment élevés pour justifier une mobilisation immédiate des États et des organisations sanitaires.
L’USPPI était auparavant le niveau d’alerte le plus élevé face à une épidémie selon le Règlement sanitaire international (RSI) de 2005, un cadre juridiquement contraignant pour les États membres de l’OMS. Des amendements adoptés en juin 2024 ont toutefois introduit un plus haut degré d’alerte : celui d’« urgence due à une pandémie ».
La flambée actuelle touche principalement la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC. Au 16 mai 2026, huit cas confirmés en laboratoire, 246 cas suspects et 80 décès suspects y avaient été recensés dans plusieurs zones de santé, notamment Bunia, Rwampara et Mongbwalu. À cela s’ajoutent deux cas confirmés à Kampala, en Ouganda, dont un décès, détectés chez des voyageurs en provenance de RDC à seulement vingt-quatre heures d’intervalle.
Les autorités sanitaires signalent également des grappes inhabituelles de décès communautaires présentant des symptômes compatibles avec la maladie à virus Bundibugyo. Plusieurs cas suspects ont aussi été identifiés dans le Nord-Kivu, autre province de l’est congolais déjà marquée par les grandes épidémies d’Ebola de 2018 et 2019.
L’OMS s’inquiète particulièrement de la contamination possible au sein des structures de soins. Au moins quatre décès parmi des personnels de santé ont été rapportés dans un contexte évoquant une fièvre hémorragique virale. Cette situation soulève des interrogations sur les dispositifs de prévention des infections, les équipements de protection disponibles et la capacité des hôpitaux à éviter une amplification de l’épidémie.
Autre facteur d’alerte : le nombre réel de contaminations pourrait être largement sous-estimé, selon l’OMS. Les premiers prélèvements analysés présentent un taux de positivité très élevé, avec huit résultats positifs sur treize échantillons collectés dans différentes zones affectées. Pour l’OMS, cette donnée, combinée à l’apparition de cas à Kampala et à l’augmentation des signalements de décès suspects, laisse penser que la flambée pourrait être beaucoup plus étendue que les chiffres actuellement documentés.
La situation sécuritaire dans l’est de la RDC complique considérablement la réponse sanitaire. Les conflits armés persistants, les déplacements massifs de populations, la crise humanitaire chronique et l’importance des réseaux de soins informels créent un terrain favorable à la diffusion rapide du virus. Les zones urbaines et semi-urbaines touchées augmentent également le risque de transmission à grande échelle.
Le virus Bundibugyo appartient à la famille des filovirus responsables d’Ebola, mais il reste beaucoup moins étudié que la souche Zaïre, à l’origine des grandes épidémies africaines des dernières décennies. Contrairement à cette dernière, aucune thérapie spécifique ni aucun vaccin homologué n’existent actuellement contre le Bundibugyo virus. L’OMS appelle donc à accélérer les essais cliniques et le développement de contre-mesures médicales expérimentales.
Face à cette menace, l’organisation recommande une série de mesures immédiates aux pays concernés. La RDC et l’Ouganda sont invités à activer leurs centres d’opérations d’urgence, renforcer la surveillance épidémiologique, intensifier le traçage des contacts et améliorer les capacités de diagnostic en laboratoire. Une attention particulière doit également être portée à la communication communautaire afin de lutter contre les réticences culturelles ou religieuses susceptibles de freiner la prise en charge des malades.
L’OMS insiste aussi sur la nécessité d’assurer des enterrements sécurisés et dignes, élément crucial dans la lutte contre Ebola, les rites funéraires traditionnels pouvant favoriser la transmission du virus. Les rassemblements de masse pourraient par ailleurs être reportés tant que la circulation virale ne sera pas interrompue.
Concernant les déplacements internationaux, l’organisation ne recommande pas la fermeture des frontières ni l’arrêt des échanges commerciaux. Selon l’OMS, ces mesures, souvent motivées par la peur, risquent surtout de favoriser des passages clandestins non contrôlés et de compliquer les opérations humanitaires. Des contrôles sanitaires renforcés doivent néanmoins être mis en place aux principaux points d’entrée et de sortie des zones affectées.
Les pays voisins de la RDC ont été appelés à renforcer immédiatement leur niveau de préparation. L’OMS leur demande notamment d’améliorer la surveillance des décès inexpliqués, de former le personnel médical aux protocoles de protection et de préparer des équipes d’intervention rapide capables d’isoler rapidement d’éventuels cas.
