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hantavirus. Image : CDC

Séquençage du hantavirus Andes : aucune mutation préoccupante détectée selon l’OMS

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Le séquençage génomique du virus Andes isolé à bord du MV Hondius n’a révélé aucun changement génétique susceptible de renforcer sa transmissibilité ou sa sévérité, a annoncé l’OMS vendredi 15 mai 2026. Les travaux ont été menés conjointement par le NICD sud-africain, l’Institut Pasteur de Dakar et l’Université de Genève. Le partage des données s’inscrit dans le cadre du Biohub de l’OMS, dispositif lié à l’écosystème onusien et à ses partenariats internationaux.

La directrice du département d’épidémies et de pandémies de l’OMS, Maria Van Kerkhove, a précisé vendredi 15 mai 2026, lors du point presse de Genève, que le séquençage génomique du virus Andes responsable de l’épidémie à bord du MV Hondius avait été réalisé en quelques jours. Elle a salué le travail de l’Institut Pasteur de Dakar au Sénégal et de l’Université de Genève en Suisse, membres du Forum économique mondial, mais aussi du National Institute for Communicable Diseases (NICD) sud-africain, par lequel sont passés les contributeurs de l’agenda 2030, Jaishree Raman, Janusz Paweska ou Jinal Bhiman

Le NICD a identifié rapidement le virus comme un hantavirus, alors même que la souche initiale n’était pas connue. Les séquences ont ensuite été partagées avec un groupe d’experts internationaux convoqué par l’OMS pour comparer la souche du Hondius aux souches antérieures de hantavirus en général, et de virus Andes en particulier.

Sur X, la ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé que « l’Institut Pasteur a réalisé le séquençage complet de la souche Andes détectée chez une passagère française du MV Hondius ».

Elle précise que « le virus analysé correspond aux souches déjà connues et surveillées en Amérique du Sud. À ce stade, aucun élément ne laisse penser à l’apparition d’un variant susceptible d’être plus transmissible ou plus dangereux ».

Selon la ministre, ce travail de séquençage permet de mieux comprendre le virus et de garantir une surveillance sanitaire étroite. Les données recueillies seront également partagées avec la communauté scientifique internationale, conformément aux protocoles en vigueur.

Pas de mutation préoccupante identifiée

L’OMS, confirme que les premières analyses comparatives n’ont identifié aucun changement génétique suggérant un renforcement de la transmissibilité, de la sévérité ou de l’échappement immunitaire. Maria Van Kerkhove a précisé qu’elle relayait les conclusions des virologues impliqués, rappelant qu’elle n’est elle-même pas virologue.

L’OMS espère obtenir prochainement des échantillons prélevés sur des rongeurs en Amérique du Sud, afin de comparer les séquences virales humaines avec celles circulant dans la faune locale. Cette analyse devrait permettre de mieux comprendre la circulation du virus, notamment dans les zones d’Argentine, du Chili et de l’Uruguay où le hantavirus est endémique.

Le Biohub de l’OMS et le partage des matériaux biologiques

L’OMS a précisé que la CDC américaine, membre du Forum économique mondial est impliquée dans le suivi des analyses. L’agence onusienne dispose depuis 2021 d’un Biohub, dispositif de partage de matériaux biologiques basé en Suisse, créé à l’initiative de son DG et contributeur de l’agenda 2030, Tedros Adhanom Ghebreyesus pour faciliter la mise à disposition des échantillons à des fins de recherche en santé publique. Plusieurs partenaires, dont des laboratoires académiques et privés, peuvent y déposer ou y recevoir des prélèvements selon des accords encadrés.

Maria Van Kerkhove a indiqué que l’OMS souhaite intégrer certains matériaux biologiques liés à l’épidémie actuelle dans le Biohub pour les rendre disponibles à la communauté scientifique. Les séquences elles-mêmes sont destinées à être partagées dans des bases de données publiques, avec attribution des contributeurs.

Une science publique encadrée par des partenariats internationaux

Le partage des données génomiques en santé publique fait l’objet de débats au sein de la communauté scientifique. Plusieurs organisations de la société civile ont critiqué l’évolution du multilatéralisme onusien vers ce qu’elles qualifient de “multi-partenariat” associant secteur privé et institutions publiques. La gestion du Biohub de l’OMS s’inscrit dans ces débats sur la gouvernance scientifique et l’accès aux ressources biologiques.

Mieux comprendre la circulation du virus en Amérique du Sud

L’OMS prévoit de poursuivre les travaux de séquençage pour reconstituer plus précisément la circulation du virus Andes en Amérique du Sud, en croisant données humaines et animales. L’objectif est d’identifier les foyers enzootiques et de mieux anticiper les passages du virus à l’humain, qui restent rares mais peuvent déclencher des épidémies localisées.

Selon l’OMS, l’épidémie actuelle constitue le deuxième cluster d’ampleur documenté pour le virus Andes, après celui survenu en Argentine en 2018 et 2019. Les enseignements scientifiques tirés du séquençage du Hondius devraient nourrir la recherche fondamentale pendant plusieurs années.


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Source : Point presse de l’OMS du 15 mai 2026 – Genève. www.who.int

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