Dans une campagne diffusée sur le réseau social X, le Dr Alain Labrique rappelle l’importance des données de santé publique à travers un message centré sur le rapport World Health Statistics 2026 de l’Organisation mondiale de la santé, membre du Forum économique mondial. La vidéo s’accompagne d’un slogan fort : « Chaque donnée raconte une histoire ».
Dans cette prise de parole, le spécialiste qui travaille pour l’OMS sur les questions liées aux données de santé, à la surveillance épidémiologique et à la transformation numérique des systèmes de santé explique que les données sanitaires influencent directement « nos vies, nos communautés et notre avenir ». L’objectif de cette campagne est de sensibiliser le public au rôle des statistiques mondiales dans la compréhension des progrès de santé publique, mais aussi des inégalités persistantes entre pays et populations.
Le rapport Statistiques sanitaires mondiales 2026 met en avant plusieurs avancées importantes. Selon les données compilées par l’OMS, les nouveaux cas de maladies comme le VIH ou la tuberculose continuent de diminuer à l’échelle mondiale. Les maladies tropicales négligées bénéficient également d’une attention croissante après des années de sous-investissement.
Le document souligne aussi une amélioration de l’accès aux services essentiels entre 2015 et 2024. L’OMS indique que 961 millions de personnes supplémentaires ont obtenu un accès sécurisé à l’eau potable, tandis que 1,2 milliard ont bénéficié de meilleures infrastructures sanitaires. En parallèle, 1,6 milliard de personnes ont désormais accès à des équipements d’hygiène de base et 1,4 milliard à des solutions de cuisson plus propres et moins nocives pour la santé.
Mais derrière ces progrès, le message du Dr Alain Labrique, qui, avant de rejoindre l’OMS, Alain Labrique était professeur à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, membre du WEF, aux États-Unis, où il y a dirigé plusieurs programmes consacrés à la santé mondiale et aux technologies numériques appliquées à la médecine et à la prévention, se veut également une alerte. L’OMS estime que le monde n’est pas sur la bonne trajectoire pour atteindre plusieurs objectifs internationaux de santé. Les conséquences des pandémies et d’autres crises mondiales ont fragilisé de nombreux systèmes de santé et ralenti les avancées observées ces dernières années.
Dans son intervention, Alain Labrique insiste sur le fait que certaines réalités restent invisibles faute de données fiables. Dans plusieurs régions du monde, les décès ne sont toujours pas correctement enregistrés, ce qui crée des zones d’ombre sur les populations les plus touchées et les causes exactes des inégalités sanitaires.
La campagne rappelle ainsi que les statistiques de santé publique ne se limitent pas à des tableaux de chiffres. « Les statistiques sanitaires aident les pays à suivre leurs progrès, à renforcer leurs systèmes de santé et à sauver des vies », explique le message publié sur X pour accompagner la vidéo.
À travers cette communication, l’OMS cherche aussi à défendre la place des données dans les décisions publiques. Pour l’organisation, une meilleure collecte des informations sanitaires est indispensable afin de bâtir des politiques plus efficaces et des systèmes de santé capables de mieux résister aux futures crises mondiales.
