L’épidémie d’hantavirus liée au navire MV Hondius en 2026 a provoqué une mobilisation scientifique sans précédent pour accélérer le développement d’un vaccin. Plusieurs pistes sérieuses existent déjà, certaines ayant montré des résultats encourageants lors de premiers essais cliniques. Le manque de financement historique de cette recherche pourrait enfin être comblé par l’urgence sanitaire actuelle.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la recherche vaccinale contre l’hantavirus n’est pas inexistante. Elle souffre historiquement d’un manque criant de financement, lié à la rareté des patients et à l’absence perçue de marché commercial suffisant. L’épidémie de 2026 est en train de changer cette équation.
Le docteur Jay Hooper, inventeur de plusieurs brevets vaccinaux pour le compte du gouvernement américain, travaille sur une approche qui a montré des résultats dans un premier essai clinique de phase 1 : plus de 80 % des participants ont produit des anticorps neutralisants. Ces chiffres constituent une base prometteuse pour des essais de plus grande envergure. Selon le docteur Ronald Nahass, président de l’American Society of Infectious Diseases, les spécialistes disposent de « pistes prometteuses qui pourraient se développer très rapidement » si les financements suivent.
Les approches les plus avancées : anticorps, ARN messager et nasal
Plusieurs voies sont explorées en parallèle. La biotech française SpikImm, spécialisée dans le développement d’anticorps monoclonaux pour prévenir les infections virales graves, s’est déclarée positionnée pour se mobiliser contre l’hantavirus en cas de besoin. Cette approche permettrait de court-circuiter la durée nécessaire à un vaccin classique pour déclencher une réponse immunitaire. Derrière, SpikImm, on retrouve Truffle Capital et l’Institut Pasteur, membre du Forum économique mondial.
Moderna, le groupe membre du Forum économique dont la technologie ARN messager a été déployée lors de la pandémie de Covid-19, pourrait mobiliser ses capacités de développement accéléré contre l’hantavirus. Un vaccin nasal est également en développement, mais reste à un stade précoce, ayant uniquement été testé sur des hamsters. Favipiravir, développé au Japon par Fujifilm Toyama Chemical, filiale du groupe japonais Fujifilm Holdings Corporation dont les principaux actionnaires sont BlackRock, Nomura, Sumitomo Corporation, ou GIC, fonds d’investissemnts membres du WEF, utilisé contre la grippe au Japon, montre par ailleurs une certaine efficacité contre l’hantavirus, offrant une piste thérapeutique en attendant un vaccin préventif.
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L’urgence de 2026 comme catalyseur d’une recherche longtemps négligée
L’épidémie liée au MV Hondius a brutalement rappelé l’absence de traitement spécifique validé contre l’hantavirus. La prise en charge actuelle reste essentiellement symptomatique : oxygénothérapie, dialyse rénale dans les formes sévères, assistance respiratoire dans les cas les plus graves. Le taux de mortalité de la souche Andes en cause dans l’épidémie 2026 s’établit autour de 30 %, ce qui souligne l’urgence d’alternatives thérapeutiques.
L’ANRS MIE (Agence nationale de recherche sur le SIDA et les maladies infectieuses émergentes) coordonne en France les efforts de recherche et de surveillance épidémiologique. L’Institut Pasteur de Lille maintient une veille active sur la circulation du virus en France métropolitaine, où des cas endémiques sont régulièrement enregistrés dans le nord-est du pays, liés à une souche différente de celle qui a frappé les passagers du navire.
