Lors des questions d’actualité au gouvernement ce mercredi 13 mai 2026, le sénateur Bernard Jomier a provoqué une vive controverse après une attaque frontale contre les mouvements antivaccins et complotistes. En pleine inquiétude autour des premiers cas d’hantavirus liés au navire de croisière MV Hondius, l’élu apparenté socialiste a dénoncé la montée des discours de désinformation sanitaire. Une séquence rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, alimentant un nouveau bras de fer autour de l’héritage de la crise Covid-19.
L’échange a duré à peine quelques minutes, mais il a suffi à embraser les réseaux sociaux. Au Sénat, lors des questions d’actualité au gouvernement du 13 mai 2026, Bernard Jomier, sénateur de Paris apparenté socialiste et médecin de profession, a vivement interpellé la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur la diffusion de fausses informations autour de l’hantavirus.
C’est une phrase en particulier qui a immédiatement cristallisé les réactions : « Les antivax ont vraiment été bercés trop près du mur. » La formule a rapidement été relayée par Public Sénat puis massivement commentée sur X, où elle a été jugée tantôt « courageuse », tantôt « insultante » et « méprisante ».
Dans son intervention, Bernard Jomier a voulu établir un parallèle entre la situation actuelle et les débuts de la pandémie de Covid-19. Selon lui, l’apparition des premiers cas d’hantavirus en France a immédiatement entraîné une résurgence des discours complotistes et antivaccins sur les réseaux sociaux, alors même qu’aucun vaccin contre l’hantavirus n’existe aujourd’hui.
« Oui, il y a des antivax alors qu’il n’y a pas de vaccin sur les hantavirus. Les antivax ont été vraiment bercés trop près du mur », a-t-il lancé devant l’hémicycle.
Le sénateur a également défendu la réponse rapide des autorités sanitaires françaises après le rapatriement de passagers du MV Hondius, navire de croisière au cœur d’un foyer épidémique qui suscite l’attention internationale depuis plusieurs jours. Il a estimé que « les décisions qui ont été prises ces derniers jours sont les bonnes », avant de pointer ce qu’il considère comme les deux principaux dangers de cette nouvelle séquence sanitaire : la désinformation et le harcèlement des scientifiques.
Dans un passage particulièrement offensif, il a accusé les mouvances complotistes de chercher à empêcher « l’accès au savoir » de la population : « Les complotistes ne veulent pas que notre population ait accès au savoir. »
Bernard Jomier a ensuite évoqué les attaques visant les experts scientifiques depuis la crise Covid : « Ces scientifiques sont harcelés. Ils sont harcelés sur les réseaux sociaux. Ils sont harcelés devant les tribunaux où les procédures se multiplient. » Il a alors demandé à la ministre quelles mesures le gouvernement comptait prendre « pour protéger nos scientifiques de ce harcèlement ».
Face à lui, Stéphanie Rist a abondé dans le même sens. La ministre de la Santé a confirmé l’existence d’une stratégie gouvernementale de lutte contre les fausses informations sanitaires et les campagnes de désinformation circulant en ligne.
« Vous faites allusion effectivement à tout ce mouvement des antivax complotistes, qui n’ont pas attendu ce virus pour s’agiter », a déclaré la ministre.
Elle a ensuite détaillé le dispositif d’« info-vigilance » mis en place par le gouvernement. Selon elle, les autorités souhaitent coordonner rapidement des experts scientifiques capables de répondre de manière « massive » et « efficace » dès l’apparition d’une fausse information virale sur les réseaux sociaux. Une « task force » sanitaire est actuellement en cours de structuration afin de réagir en temps réel aux contenus trompeurs.
La ministre a également rappelé que des signalements étaient régulièrement effectués via la plateforme Pharos concernant les menaces ou campagnes de harcèlement visant des soignants et scientifiques.
Mais au-delà de la séquence parlementaire, la polémique révèle surtout la persistance des fractures héritées de la pandémie de Covid-19. Pour de nombreux internautes critiques de la gestion sanitaire passée, les propos de Bernard Jomier traduisent une volonté persistante de discréditer toute contestation ou interrogation sur les politiques de santé publique. Plusieurs réactions ont rappelé son soutien, durant la crise Covid, aux mesures restrictives et aux campagnes vaccinales massives.
D’autres ont au contraire salué un discours jugé nécessaire face à la prolifération des théories conspirationnistes autour de l’hantavirus. Depuis plusieurs jours, certaines publications virales évoquent déjà un supposé « nouveau prétexte » à vaccination de masse ou établissent des liens sans fondement scientifique avec les vaccins anti-Covid. Des affirmations que les autorités sanitaires considèrent comme totalement infondées.
L’hantavirus reste pour l’heure un virus rare en France. Transmis principalement par des rongeurs infectés via leurs excréments ou leurs sécrétions, il peut provoquer des syndromes respiratoires graves dans certaines formes. Les autorités françaises assurent néanmoins qu’aucune circulation large du virus n’a été détectée sur le territoire à ce stade, malgré plusieurs cas surveillés parmi les passagers rapatriés du MV Hondius.
La violence des réactions autour de cette séquence sénatoriale montre toutefois à quel point les questions sanitaires demeurent, six ans après le Covid-19, un terrain de confrontation politique, idéologique et émotionnelle extrêmement sensible. Et dans ce climat électrique, la petite phrase de Bernard Jomier risque encore de tourner longtemps dans les boucles des réseaux.
Sources :
[Public Sénat] – Questions d’actualité au gouvernement du 13 mai 2026 – Public Sénat
[France 24] – Couverture de l’épidémie d’hantavirus liée au MV Hondius – France 24
