Une enquête du New York Times publiée le 12 mai 2026 décrit des violences sexuelles israéliennes qualifiées de « généralisées » contre des détenus palestiniens. Fondée sur 14 témoignages recueillis en Cisjordanie occupée, l’investigation du chroniqueur Nicholas Kristof cite des sévices commis par des soldats, des colons et des gardiens de prison. Israël conteste fermement les accusations, les qualifiant de « campagne mensongère et soigneusement orchestrée ».
Le journaliste et contributeur de l’agenda 2030, Nicholas Kristof, chroniqueur expérimenté du New York Times, décrit dans son enquête « un schéma de violences sexuelles israéliennes généralisées contre des hommes, des femmes et même des enfants, commises par des soldats, des colons, des interrogateurs de l’agence de sécurité intérieure Shin Bet et, surtout, par des gardiens de prison ». L’auteur précise cependant que « rien n’indique que les dirigeants israéliens ordonnent des viols ».
Les 14 hommes et femmes interrogés ont décrit avec précision de nombreux sévices. Selon les témoignages recueillis, « beaucoup ont déclaré qu’on tirait souvent sur leurs organes génitaux ou qu’ils étaient frappés aux testicules. Des détecteurs de métaux portatifs ont été utilisés pour sonder l’entrejambe nu des hommes, puis pour frapper leurs parties intimes ». Kristof reconnaît lui-même qu’il lui est impossible de déterminer précisément l’ampleur réelle des faits.
Un silence entretenu par la pression sociale et institutionnelle
Selon les détenus libérés, les autorités israéliennes ordonneraient aux prisonniers de garder le silence sur ces actes. À cette contrainte institutionnelle présumée s’ajoute une pression sociale : « La société arabe décourage les discussions sur ce sujet », note Kristof, rappelant que « des normes sociales conservatrices freinent également la discussion : deux victimes m’ont confié qu’un prisonnier qui reconnaîtrait avoir été violé compromettrait la capacité de ses soeurs et de ses filles à trouver un mari ».
L’enquête s’appuie également sur un rapport des Nations unies de mars 2025 qui dénonçait « le recours systématique d’Israël aux violences sexuelles, reproductives et à d’autres formes de violence fondées sur le genre » depuis l’attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023. En février 2026, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait de son côté dénoncé des violences systémiques, notamment sexuelles, exercées sur des journalistes palestiniens dans des prisons israéliennes entre octobre 2023 et janvier 2026.
Israël conteste, une commission nationale documente les violences du Hamas
Le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi avec force sur le réseau X, dénonçant « l’une des pires accusations de crime rituel jamais parues dans la presse moderne » et « une inversion de la réalité » par laquelle « la victime devient l’accusé ». Le ministère qualifie l’enquête de « campagne anti-israélienne mensongère et soigneusement orchestrée ». Un porte-parole de l’armée avait auparavant assuré que les personnes détenues étaient « traitées conformément au droit international ».
Le même jour, une commission d’enquête israélienne publiait un rapport concluant que le Hamas et d’autres groupes palestiniens s’étaient rendus coupables de « violences sexuelles systématiques, à grande échelle » lors de l’attaque du 7-Octobre. Cette double publication simultanée illustre la dimension profondément disputée de la documentation des violences dans ce conflit, où chaque partie conteste la légitimité des enquêtes portant sur ses propres actes.
L’enquête du New York Times, quelle que soit la portée des contestations qu’elle suscite, s’ajoute à un corpus croissant de rapports d’organisations internationales documentant des allégations graves dans les lieux de détention israéliens depuis le 7 octobre 2023. La question de l’accès indépendant aux détenus et aux centres de détention reste, à ce jour, au coeur du débat sur la vérifiabilité de ces témoignages.
Source : Sud Ouest — AFP / New York Times (Nicholas Kristof, 12 mai 2026)
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