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Photo : Heehwan / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Taïwan, ‘c’est la Chine’ : Mélenchon assume sa doctrine et divise la gauche

Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé sur LCI sa position sur Taïwan en déclarant que ‘c’est la Chine’, s’alignant sur la politique d’une seule Chine et excluant toute intervention militaire française en cas de conflit. Ces déclarations, qui rejoignent la doctrine officielle de Paris mais vont plus loin dans leur formulation, ont provoqué une vive réaction au sein de la gauche française et suscité l’inquiétude à Taipei.

Interrogé sur LCI le 8 mai 2026, Jean-Luc Mélenchon a été clair : ‘Il y a un problème, c’est aux Chinois de le régler. Nous devons intervenir de manière polie et respectueuse pour que cela se passe calmement. S’ils interviennent, nous n’interviendrons pas. Si je suis président de la République, nous n’irons jamais en guerre avec la Chine.’ Cette position, que le candidat LFI présente comme un prolongement naturel de la politique étrangère française traditionnelle, dépasse cependant en clarté les formules habituellement retenues par les dirigeants de Paris, qui maintiennent depuis des décennies une ambiguïté calculée sur le statut de Taïwan.

La France et Taïwan : une ambiguïté stratégique ancienne

La France reconnaît officiellement la République populaire de Chine depuis 1964 et entretient des ‘relations officieuses’ avec Taipei, sans reconnaissance diplomatique formelle. La formule consacrée évoque un soutien à une ‘solution pacifique’ et à l’autonomie de fait de Taïwan, sans se prononcer explicitement sur sa souveraineté. Mélenchon va plus loin en affirmant sans ambiguïté que Taïwan ‘c’est la Chine’, ce qui revient à valider la revendication territoriale de Pékin et à nier implicitement toute forme de souveraineté taïwanaise.

Des critiques vives au sein de la gauche

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a été parmi les premières à dénoncer ce qu’elle qualifie de ‘complaisance envers Pékin’. Sur le site Inside Taïwan, des analystes relèvent une ‘incohérence’ entre la posture de défense des peuples revendiquée par LFI et un alignement de fait sur la rhétorique de Pékin. Cette prise de position intervient dans un contexte où la question taïwanaise devient de plus en plus centrale dans les débats géopolitiques mondiaux, alors que les tensions dans le détroit se maintiennent à un niveau élevé.

Enjeux pour la présidentielle 2027

Dans la course à l’Élysée, la politique étrangère reprend une place centrale. La doctrine de Mélenchon sur Taïwan tranche avec celle de ses principaux rivaux, qui conservent une formulation plus prudente. Elle s’inscrit dans une vision plus large de non-alignement défendue par LFI, qui plaide pour une France souveraine, équidistante des blocs américain et chinois. Cette ligne séduit une partie de l’électorat populaire, mais expose le candidat aux accusations de sous-estimer la menace que représente l’expansionnisme de Pékin pour l’ordre international.

La question taïwanaise s’impose ainsi comme un marqueur clivant de la campagne présidentielle 2027. En assumant sans détour une lecture pro-Pékin du dossier, Jean-Luc Mélenchon prend le risque de renforcer les doutes sur sa capacité à incarner une diplomatie française équilibrée sur la scène internationale.

Source : MSN / Le JDD — https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/c-est-la-chine-jean-luc-m%C3%A9lenchon-assume-sa-doctrine-sur-ta%C3%AFwan/ar-AA22LiVX

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