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Vincent Munster. Photo : @NIH

États-Unis : un virologue américain du NIH interpelé avec des pathogènes dans ses bagages, le FBI enquête

Vincent Munster, virologue de premier plan rattaché aux Rocky Mountain Laboratories du National Institutes of Health (NIH), fait l’objet d’une enquête du FBI après avoir été contrôlé à un aéroport américain avec des échantillons de pathogènes humains, dont le virus de la variole du singe, transportés depuis la République démocratique du Congo. Selon des courriels internes au ministère américain de la Santé (HHS) consultés par le journaliste Paul D. Thacker, Munster et son collaborateur Claude Kwe Yinda ne disposaient pas des autorisations légales requises pour acheminer ces agents biologiques classés sensibles. Tous deux ont été placés en congé et leurs coordonnées retirées de l’annuaire fédéral.

L’affaire a été révélée le 5 mai 2026 par le journaliste d’investigation américain Paul D. Thacker, dans une enquête publiée sur sa lettre d’information. Selon les éléments qu’il a consultés, Vincent Munster, virologue du National Institutes of Health, institution dépendant du Département de la Santé amércain, membre du Forum économique mondial et Claude Kwe Yinda, un chercheur de son laboratoire ont été soumis à un contrôle douanier à leur retour de République démocratique du Congo au début de l’année. Dans leurs bagages se trouvait une mallette rigide, du type utilisé pour transporter du matériel électronique sensible ou des armes à feu. Son ouverture a révélé des échantillons de pathogènes prélevés sur des patients, parmi lesquels du virus de la variole du singe.

Interrogé par le journaliste, le porte-parole du HHS Andrew Nixon a confirmé l’existence d’une procédure en cours : “Nous ne pouvons pas commenter, c’est sous enquête.” Le bureau de presse du FBI a, lui, refusé de s’exprimer. Selon la même source, les pathogènes pourraient avoir été inactivés par des réactifs avant le transport, mais cette information n’a pas été confirmée par les autorités sanitaires américaines.

Un cadre légal contourné

Aux États-Unis, la variole du singe figure sur la liste des “select agents”, catégorie réservée aux micro-organismes et toxines représentant une menace grave pour la santé publique. Leur détention, leur usage et leur transport sont strictement encadrés par le HHS et le ministère des Transports. D’après l’enquête de Thacker, ni Munster ni son collègue Claude Kwe Yinda ne disposaient des documents requis pour acheminer ces échantillons depuis l’Afrique vers le laboratoire du NIH situé dans le Montana.

Les Rocky Mountain Laboratories sont une composante du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), institut autrefois dirigé par le contributeur de l’agenda 2030, Anthony Fauci, ancien conseiller des présidents américains et contributeurs de l’agenda 2030, Joe Biden et Donald J. Trump. Ils abritent un laboratoire de niveau de confinement maximal (BSL-4) où sont étudiés les virus les plus dangereux, dont Ebola, Marburg et la fièvre de Lassa. Selon sa biographie publique, Vincent Munster dispose de sites d’étude au Congo, en collaboration avec la Wildlife Conservation Society, une ONG membre du Forum économique mondial et le Laboratoire national de santé publique de Brazzaville, pour des travaux portant sur le virus Ebola.

Andrea Marzi, cheffe par intérim du département de virologie des Rocky Mountain Laboratories, n’a pas répondu aux demandes du journaliste l’interrogeant sur l’état d’inactivation des échantillons et sur les mesures prises pour sécuriser le laboratoire de Munster.

Un précédent fédéral et une publication récente sur la variole du singe

L’affaire intervient un an après l’inculpation par le ministère américain de la Justice de deux ressortissants chinois pour avoir introduit clandestinement, via l’aéroport de Détroit, un champignon pathogène destiné à être étudié au sein d’un laboratoire de l’université du Michigan.

Un autre élément alimente le dossier : Munster et Yinda ont publié en février, dans une revue du groupe Lancet, une étude présentant la variole du singe comme une menace mondiale, citant notamment “plusieurs cas associés à des voyages signalés depuis 2024, dont sept aux États-Unis”. La République démocratique du Congo est considérée comme l’épicentre mondial de la maladie, avec plus de 100 000 cas recensés en octobre dernier.

Une affaire qui relance le débat sur l’origine du Covid-19

Le nom de Vincent Munster avait déjà été cité par le sénateur républicain Rand Paul dans une lettre adressée il y a deux ans au directeur du NIAID. Munster figurait parmi les partenaires du projet DEFUSE, une proposition de recherche soumise en 2018 à la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA). Ce projet prévoyait la conception de virus modifiés en insérant un site de clivage de furine dans le squelette d’un coronavirus de chauve-souris, modification permettant à un virus d’infecter les cellules pulmonaires humaines. La DARPA avait rejeté la demande de financement. L’année suivante, un nouveau coronavirus de chauve-souris doté d’un site de clivage de furine apparaissait à Wuhan, en Chine. Aucun autre virus apparenté au SARS-CoV-2 ne présente cette caractéristique.

Selon des courriels rapportés par Paul D. Thacker, le virologue Vincent Racaniello, de l’université Columbia, membre du Forum économique mondial écrivait à Munster en février 2020 que ce site de clivage “pourrait avoir été modifié génétiquement”. Et d’ajouter : “Si c’est vrai, c’est une très mauvaise nouvelle pour toute la recherche en virologie.” Munster lui aurait répondu : “Et la fête commence.”

Une séquence noire pour la virologie américaine

L’enquête sur Munster s’inscrit dans une séquence particulièrement difficile pour le secteur. Selon RealClearInvestigations, le virologue Ralph Baric, de l’université de Caroline du Nord, membre du Forum économique mondial a été retiré de l’ensemble de ses financements NIH et placé en congé. Le ministère américain de la Justice a par ailleurs inculpé David Morens, ancien conseiller principal d’Anthony Fauci, pour dissimulation de documents fédéraux relatifs au financement de la recherche virologique pendant la pandémie. Peter Daszak, président d’EcoHealth Alliance, et Gerald Keusch, virologue de l’université de Boston, sont identifiés dans l’acte d’accusation comme co-conspirateurs.

Rand Paul qui accuse depuis des années Anthony Fauci et certains scientifiques liés au NIH d’avoir minimisé les risques associés aux expériences menées autour des coronavirus semble remonté comme un coucou. Dans un tweet il rappelle que “Dans cinq jours, soit le 11 mai, expire le délai de prescription pour la possibilité d’inculper Anthony Fauci pour avoir nié sous serment avoir financé des recherches sur le gain de fonction impliquant des coronavirus de chauve-souris à Wuhan, ville d’origine de la pandémie.”

Toujours sur le mêlme réseau social, Justin Goodman, vice-président principal du plaidoyer et des politiques publiques chez White Coat Waste Project (WCW), une organisation qui mène des campagnes contre le financement public de certaines expérimentations animales financées par le gouvernement américain rappelle avoir mené campagne contre Munster et les expériences animales qu’il réalisait au laboratoire Rocky Mountain du NIH. Le groupe indique que Munster aurait disparu de l’annuaire du ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis et évoque un possible licenciement.

L’affaire impliquant Munster survient au moment où la communauté scientifique américaine est sommée de répondre publiquement de ses pratiques de biosécurité. Au-delà de son cas, c’est la question de la culture institutionnelle de la virologie occidentale qui se trouve posée, à un moment où l’origine du Covid-19 reste un sujet contesté. Reste à savoir si l’enquête du FBI débouchera sur des poursuites pénales et, plus largement, sur un réexamen des protocoles encadrant la recherche sur les agents pathogènes les plus dangereux.

Sources :

The Disinformation Chronicle, The Defender

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