You are currently viewing Détroit d’Ormuz : le transit de navires n’a jamais été aussi faible depuis le début du conflit
Image : NASA MODIS / Wikimedia Commons (domaine public)

Détroit d’Ormuz : le transit de navires n’a jamais été aussi faible depuis le début du conflit

Le transit de navires par le détroit d’Ormuz atteint son niveau le plus bas depuis le déclenchement des opérations militaires israélo-américaines contre l’Iran. Selon des données publiées par la société d’analyse maritime Kpler, un seul navire a traversé ce passage stratégique le lundi 4 mai 2026 – contre une moyenne habituelle d’environ 120 traversées quotidiennes en temps de paix – et aucune embarcation n’a été recensée le lendemain.

Depuis le 28 février 2026, date du déclenchement des opérations militaires israélo-américaines contre l’Iran, le détroit d’Ormuz – par lequel transitent environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole – est entré dans une phase de paralysie quasi totale. Les données Kpler montrent que, du 1er mars au 21 avril, un seul navire a emprunté ce passage : un méthanier vide, le Sohar, sans chargement à bord.

Cette situation représente un effondrement sans précédent d’un corridor énergétique qui, en temps normal, voit défiler chaque jour pétroliers, méthaniers et porte-conteneurs en provenance ou à destination du golfe Persique. Les données Kpler permettent de tracer avec précision l’évolution de ce trafic depuis le début du conflit.

Une reprise timide à partir du 22 avril

Depuis le 22 avril, cinq traversées ont été enregistrées, dont quatre impliquent des navires liés aux Émirats arabes unis. Parmi les bâtiments ayant effectivement transporté des cargaisons, on recense le Mubaraz, qui a franchi le détroit le 23 avril, et le Mraweh, le 27 avril. Le mercredi 6 mai, le géant du transport maritime CMA CGM a également fait passer l’un de ses navires par le détroit en direction de la sortie.

Cette reprise reste néanmoins très fragile. Le lundi 4 mai, seul le Nooh Gas – un transporteur de gaz de pétrole liquéfié (GPL) d’une capacité de 11 357 tonnes, acheminant du gaz iranien – a effectué le passage. Le lendemain, la traversée a été nulle.

L’Iran réorganise le contrôle du passage

Face à la pression militaire et économique, les autorités iraniennes ont créé une entité baptisée « Autorité du détroit du golfe Persique », chargée de collecter des péages auprès des navires souhaitant emprunter le passage. Cette structure vise à maintenir une forme de souveraineté économique sur le détroit, même dans un contexte de conflit ouvert.

Parallèlement, l’administration du président américain Donald Trump a suspendu l’opération baptisée « Project Freedom », dont l’objectif était de rouvrir le couloir maritime par la force. Cette suspension a temporairement réduit la pression militaire directe sur le passage, sans pour autant lever l’incertitude qui pèse sur les armateurs.

Le porte-avions Charles de Gaulle, en déploiement dans la région, se dirige actuellement vers le golfe d’Aden en empruntant la route du canal de Suez, selon des informations disponibles.

Des négociations sous médiation pakistanaise

Sur le plan diplomatique, le Pakistan joue actuellement un rôle de médiateur dans les discussions entre Washington et Téhéran, selon des informations rapportées par Boursorama. L’issue de ces pourparlers conditionne directement la perspective d’une réouverture durable du détroit, dont le blocage pèse sur l’ensemble de l’économie mondiale.

Les prix du pétrole se maintiennent à un niveau environ 50 % supérieur à celui observé avant le déclenchement du conflit, une hausse qui reflète la désorganisation profonde des flux énergétiques en provenance du golfe Persique.

Les armateurs entre prudence et maintien des prévisions

Le géant danois du transport maritime Maersk a indiqué maintenir ses prévisions pour 2026 malgré l’incertitude persistante autour du détroit d’Ormuz. Cette position traduit une forme de résilience des acteurs du secteur, tout en soulignant que les conséquences à long terme d’une fermeture prolongée du passage restent difficiles à évaluer avec précision.

Le détroit d’Ormuz traverse une période sans équivalent dans son histoire récente, avec un volume de trafic qui témoigne de la profondeur de la crise géopolitique en cours. À mesure que les négociations entre l’Iran et les États-Unis progressent sous médiation pakistanaise, l’évolution des données Kpler constituera un baromètre précieux de la désescalade – ou de l’aggravation – du conflit. Les marchés de l’énergie, eux, attendent des signaux clairs avant d’ajuster leurs anticipations.


Source : Boursorama

X-Pression Academy - Devenez Votre Propre Média - Formation journalisme augmenté

Laisser un commentaire