En Colombie, la guérilla dissidente des ex-FARC, l’État-major central (EMC), a revendiqué le 28 avril 2026 un attentat meurtrier survenu trois jours plus tôt dans le Cauca. L’attaque, qui a fait 21 morts civils et 56 blessés, est qualifiée d’« erreur tactique » par le groupe armé. Un drame d’une ampleur rare, sur fond de tensions politiques et d’insécurité persistante à quelques semaines de l’élection présidentielle.
La scène s’est déroulée le samedi 25 avril 2026 sur la route panaméricaine, axe stratégique reliant Cali à Popayán, dans le département du Cauca, au sud-ouest de la Colombie. Une bombe de forte intensité a explosé au passage de véhicules civils, faisant 21 morts et 56 blessés. Il s’agit du bilan le plus lourd contre des civils dans le pays depuis plus de vingt ans, dans un contexte déjà marqué par des tensions sécuritaires et politiques.
Trois jours après les faits, le 28 avril 2026, la guérilla dissidente État-major central (EMC), issue des anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et opposée à l’accord de paix de 2016, a revendiqué l’attaque. Dans un communiqué, le groupe armé a reconnu une « erreur tactique », assumant une responsabilité qu’il qualifie de « politique », tout en affirmant qu’elle n’a « aucune justification ».
Selon les autorités colombiennes, l’explosion aurait été provoquée dans le cadre d’une stratégie visant à attirer les forces de sécurité dans une embuscade. L’armée soupçonne en effet les insurgés d’avoir mis en place un faux barrage routier, transformé en piège. Le ministre de la Défense, Pedro Sánchez, a évoqué des représailles de l’EMC face à la pression militaire exercée dans le Cauca, région fortement marquée par les cultures de coca et les activités des groupes armés.
Un contexte sécuritaire et politique sous tension
L’attaque intervient dans un climat politique particulièrement sensible, à quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle prévu le 31 mai 2026. Le président Gustavo Petro a dénoncé une tentative de déstabilisation visant à « saboter les élections », dans un pays où la question sécuritaire reste centrale dans le débat public.
L’EMC est dirigé par des figures dissidentes des accords de paix signés en 2016 avec les FARC. Parmi elles, Ivan Mordisco, considéré comme l’un des guérilleros les plus recherchés du pays. Les autorités estiment que ces groupes ont renforcé leur influence dans certaines régions rurales, profitant des difficultés de l’État à imposer son contrôle.
Le gouvernement a annoncé l’arrestation d’un responsable local affilié à l’EMC, identifié comme l’un des principaux organisateurs présumés de l’attentat. Cette arrestation intervient alors que les forces de sécurité intensifient leurs opérations dans la région.
Réactions politiques et tensions régionales
La tragédie a suscité une vive émotion en Colombie et des appels internationaux à la protection des civils. Le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exhorté les groupes armés à cesser toute attaque contre les populations civiles, tandis que les autorités colombiennes ont renforcé leur discours contre les organisations dissidentes.
Sur le plan politique, les tensions se sont également accentuées entre Bogotá et Quito. Le président Gustavo Petro a accusé l’Équateur d’ingérence et évoqué la possibilité que les explosifs utilisés proviennent du territoire voisin, tandis que son homologue équatorien, Daniel Noboa, a rejeté ces accusations et dénoncé une « incursion de guérilleros » à la frontière.
Dans un contexte où les violences armées continuent de peser sur la stabilité du pays, cet attentat marque un nouvel épisode de la fragilité sécuritaire colombienne. L’aveu de responsabilité de l’EMC, même accompagné de la qualification d’« erreur », illustre la persistance d’un conflit armé fragmenté, loin d’être totalement résolu près de dix ans après l’accord de paix historique.
Sources :
Le Monde – 30 avril 2026 – https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/30/en-colombie-la-guerilla-emc-reconnait-avoir-fait-une-erreur-apres-l-attentat-qui-a-coute-la-vie-a-21-civils_6684428_3210.html
France 24 – 29 avril 2026 – https://www.france24.com/fr/amériques/20260429-colombie-guerilla-emc-assume-responsabilite-plaide-erreur-attentat-21-civils-morts
Mediapart – 30 avril 2026 – https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/300426/colombie-la-guerilla-de-l-emc-assume-la-responsabilite-de-l-attentat-qui-tue-21-civils-mais-plaid
Nice-Matin – https://www.nicematin.com/faits-divers/l-un-des-dirigeants-les-plus-violents-du-pays-le-chef-de-guerilla-responsable-de-l-attentat-qui-a-tue-21-civils-en-colombie-a-ete-capture-10678698
