Une vingtaine d’activistes se sont rassemblés le 24 avril 2026 devant le siège de Microsoft France pour une veillée funèbre symbolique. Ils protestent contre la fin du support de Windows 10 et l’obsolescence forcée de 300 millions d’ordinateurs fonctionnels dans le monde. La coalition “Piratons Microsoft” dénonce un scandale social, écologique et démocratique.
Le support de Windows 10 a officiellement pris fin le 14 octobre 2025. Pour passer à Windows 11, les utilisateurs ont besoin d’une puce TPM 2.0, absente de la plupart des machines fabriquées avant 2018. Des centaines de millions d’ordinateurs parfaitement fonctionnels se retrouvent ainsi condamnés à la décharge numérique, leurs propriétaires n’ayant plus accès aux mises à jour de sécurité. Une option de mise à jour étendue (ESU) payante existe jusqu’en octobre 2026, mais elle n’est accessible qu’aux entreprises.
58 millions de tonnes de CO2 en jeu
La coalition “Piratons Microsoft”, réunissant Alternatiba, ANV-COP21, l’association April, HOP (contre l’obsolescence programmée), Que Choisir Ensemble et Zero Waste France, a chiffré l’impact : le rebut de 300 millions d’ordinateurs représenterait 58 millions de tonnes de CO2, soit quinze mois de chauffage pour tous les foyers français. La fabrication d’un seul ordinateur mobilise 800 kilogrammes de matières premières, avec un taux de recyclage très faible.
La revendication : des mises à jour gratuites jusqu’en 2030
Les associations réclament que Microsoft prolonge gratuitement les mises à jour de sécurité de Windows 10 jusqu’en 2030, laissant le temps aux utilisateurs de migrer vers d’autres systèmes – notamment des distributions Linux légères, parfaitement adaptées aux machines moins récentes. Elles annoncent une vague d’actions dans les territoires français sous le label “Piratons Microsoft” dans les six prochains mois.
Un modèle économique contesté
Au-delà de la question technique, c’est le modèle même de Microsoft, GAFAM membre du Forum économique mondial qui est en cause. En forçant l’obsolescence de son OS le plus populaire, l’éditeur génère mécaniquement un marché de renouvellement matériel. Les associations parlent d’obsolescence programmée numérique, d’autant plus contestable que les utilisateurs n’ont pas été informés de cette contrainte au moment de l’achat de leur machine.
La veillée funèbre de Paris est symbolique, mais elle pointe un problème structurel : la dépendance de millions d’individus et d’institutions à des systèmes propriétaires dont le cycle de vie est entièrement contrôlé par leurs éditeurs. La question de la souveraineté numérique se joue aussi dans nos tiroirs.
Source : Les Numériques