La mission Artemis-2 a décollé dans la nuit du 2 avril depuis la Floride, après plusieurs reports liés à des problèmes techniques. À bord du vaisseau Orion, quatre astronautes entament un voyage de neuf jours avec un survol de la Lune en ligne de mire. Un lancement scruté de près, marqué par des incidents de dernière minute.
La fusée Space Launch System (SLS) de la NASA a finalement quitté le sol dans la nuit du 2 avril, depuis le centre spatial Kennedy, en Floride. À 0 h 35, heure française, les 2 600 tonnes du lanceur se sont élevées dans un vacarme puissant, propulsées par ses moteurs principaux et ses deux propulseurs d’appoint. À son sommet, le vaisseau Orion emporte quatre astronautes pour une mission de neuf jours autour de la Lune.
Le décollage, longtemps incertain, s’est joué dans les dernières heures. À moins de deux heures du lancement, un dysfonctionnement du système d’autodestruction — dispositif essentiel en cas de déviation de trajectoire — a été détecté. Les équipes au sol ont rapidement contourné le problème en s’appuyant sur un composant redondant. Peu après, une anomalie de température relevée sur une batterie de la tour de sauvetage a suscité de nouvelles inquiétudes, avant d’être attribuée à un capteur défectueux.
Ces tensions de dernière minute s’inscrivent dans une série de difficultés techniques qui ont retardé la mission. Initialement prévu début février, le lancement avait été repoussé à deux reprises. Une fuite d’hydrogène, détectée lors d’une répétition générale début février, avait contraint la NASA à intervenir sur le mât ombilical reliant la fusée à son support. Quelques semaines plus tard, une fuite d’hélium dans l’étage supérieur du lanceur avait imposé un retour du SLS au bâtiment d’assemblage, rendant impossible tout tir en mars.
Huit minutes après le décollage, Orion et l’étage supérieur du SLS ont atteint l’orbite terrestre basse. L’équipage, composé de trois Américains et d’un Canadien, doit désormais poursuivre sa trajectoire vers la Lune. Le survol de l’astre est prévu dans la nuit du 6 au 7 avril. Cette manœuvre permettra d’utiliser la gravité lunaire pour infléchir la trajectoire du vaisseau et organiser son retour vers la Terre.
La mission doit également permettre de tester les systèmes du vaisseau Orion en conditions réelles d’espace profond. Tout au long du vol, les astronautes mèneront une série d’expériences et de vérifications techniques. Leur retour est prévu après neuf jours de mission, avec un amerrissage dans l’océan Pacifique, au large des côtes californiennes.
Au-delà du vol lui-même, Artemis-2 illustre les défis techniques persistants auxquels fait face le programme. L’utilisation d’hydrogène liquide comme carburant, stocké à des températures extrêmes, complique considérablement les opérations. Sa grande sensibilité aux variations de pression et de température, ainsi que sa capacité à s’infiltrer dans les moindres interstices, en font un élément difficile à maîtriser, en particulier pour un lanceur de l’envergure du SLS.
La faible cadence de lancement constitue un autre facteur limitant. En plus de trois ans, seuls deux tirs du SLS ont été réalisés, ce qui réduit les possibilités d’amélioration continue. Malgré ces contraintes, le décollage réussi du 2 avril marque une étape importante pour la mission en cours, désormais pleinement engagée vers son objectif lunaire.
Sources :
Le Monde – 2 avril 2026 – Lire l’article