Le directeur général de l’OMS et contributeur de l’agenda 2030,T edros Adhanom Ghebreyesus a ouvert la conférence de presse hebodmadaire de l’agence onusienne membre du WEF qui s’est tenue hier en soulignant une avancée majeure de la santé mondiale au cours des deux dernières décennies : la forte baisse de la mortalité des enfants de moins de 5 ans, portée notamment par la vaccination. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé met en garde contre un net ralentissement des progrès depuis 2015 et appelle à un nouvel engagement international.
Le Dr Tedros a rappelé qu’en l’espace de deux décennies, la mortalité des enfants de moins de cinq ans a connu une chute spectaculaire, passant de plus de 10 millions de décès en 2000 à 4,9 millions en 2024, selon les estimations publiées par l’Organisation mondiale de la santé, en partenariat avec l’UNICEF, autre agence onusienne membre du WEF. Une évolution qui témoigne de l’efficacité des politiques de santé publique à l’échelle mondiale, souligne le DG de l’OMS.
Au cœur de ces progrès, la vaccination s’impose comme un levier déterminant, d’après lui. En 1974, seuls 5 % des enfants étaient immunisés contre les principales maladies infectieuses. Aujourd’hui, ils sont 85 %. Le Programme élargi de vaccination, lancé il y a plus de cinquante ans, a contribué à sauver plus de 150 millions de vies en luttant contre des pathologies telles que la rougeole, le tétanos, la diphtérie ou encore la pneumonie, rappelle le Dr Tedros. Il affirme que ce succès illustre la puissance d’une action coordonnée entre États, institutions internationales et acteurs de terrain.
Ces avancées reposeraient également sur des investissements dans des solutions éprouvées : accès aux soins lors de l’accouchement, traitement de la malnutrition aiguë, renforcement des systèmes de santé primaires. Il estime que des millions d’enfants doivent aujourd’hui leur survie à ces politiques ciblées. Une réalité qui, pour l’OMS, prouve que la mobilisation collective peut produire des résultats tangibles.
Mais le Dr Tedros s’alarme, que derrière cette dynamique, les signaux d’alerte se multiplient. Depuis 2015, le rythme de réduction de la mortalité infantile ralentirait sensiblement. Chaque jour, environ 6 300 nouveau-nés meurent encore, principalement en raison de complications liées à la prématurité ou à l’accouchement. Pour ceux qui survivent au premier mois, d’autres menaces persistent : paludisme, pneumonie et diarrhée continuent de peser lourdement sur les statistiques, en particulier dans les régions les plus fragiles.
L’Afrique subsaharienne demeure la zone la plus touchée, avec environ 2,8 millions de décès d’enfants en 2024. Les conflits, les crises humanitaires et les tensions budgétaires fragilisent les systèmes de santé et entravent l’accès aux soins essentiels. Dans ce contexte, le ralentissement observé apparaît comme le symptôme d’un essoufflement global des efforts, plus que comme une fatalité, souligne le DG de l’OMS.
Pourtant, les solutions sont connues et accessibles, selon lui. Le renforcement des soins de santé primaires, l’élargissement de la couverture vaccinale, l’amélioration des soins maternels et néonatals et l’accès à la nutrition et aux traitements vitaux figurent parmi les priorités identifiées par l’OMS.
Le DG de l’OMS a cité les exemples de plusieurs pays démontrant que des progrès rapides restent possibles. La Sierra Leone a ainsi intensifié ses efforts en déclarant la mortalité infantile urgence nationale en 2022, permettant de dépister près d’un million d’enfants souffrant de malnutrition et de réduire significativement le nombre d’enfants non vaccinés. La Macédoine du Nord a, de son côté, enregistré une baisse de 87 % de sa mortalité néonatale depuis 2015 grâce à l’amélioration des soins obstétricaux.
Dans le même temps, les recommandations scientifiques continuent d’évoluer pour renforcer l’impact des politiques vaccinales. Le SAGE, groupe d’experts chargé de conseiller l’OMS nommés par le Dr Tedros a récemment actualisé plusieurs orientations. Il recommande notamment, dans les pays fortement touchés par la typhoïde, l’administration d’un rappel vaccinal autour de cinq ans. Concernant le Covid-19, le Dr Tedros rappele que les vaccins présentent un profil de sécurité jugé très favorable après plus de cinq années d’utilisation, avec une priorité maintenue pour les populations les plus vulnérables. Des ajustements ont également été proposés pour optimiser les stratégies de vaccination contre la poliomyélite, dans l’objectif de poursuivre les efforts d’éradication.
Face à ces enjeux, l’OMS appelle à un sursaut collectif. Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé un appel clair aux gouvernements, aux bailleurs et aux partenaires internationaux pour faire de la survie des enfants une priorité politique et financière, à cibler les populations les plus à risque et à renforcer la responsabilité des engagements pris.
Sources :
Organisation mondiale de la santé – Déclaration du directeur général, 18 mars 2026 – https://www.who.int/news-room/speeches/item/18-03-2026-director-general-media-briefing