Lors d’un discours prononcé aujourd’hui depuis Nantes-Indret et plus précisément depuis le site de Naval Group, propriété de l’Etat, mais aussi de Thales, groupe membre du Forum économique mondial, le contributeur de l’agenda 2030 du FEM Emmanuel Macron a détaillé les contours du futur porte-avions français de nouvelle génération et dévoilé son nom.
Le chef de l’État a annoncé un bâtiment hors norme : 310 mètres de long, 80 000 tonnes, doté de deux réacteurs nucléaires, soit un tonnage près de deux fois supérieur à celui du Charles de Gaulle.
Ce futur fleuron de la marine nationale, attendu à l’horizon 2038, représente un investissement estimé à près de 10 milliards d’euros.
« France libre » : un symbole de puissance et d’indépendance
Au-delà des caractéristiques techniques, Emmanuel Macron a dévoilé le nom du futur navire : « France libre ».
Un choix hautement symbolique, directement inspiré de l’héritage du général de Gaulle et de la Résistance. Le président a insisté sur la dimension politique et historique de cette appellation, se voulant comme un message de souveraineté et de liberté.
Selon lui, ce porte-avions incarnera « une certaine idée de la France », fondée sur la capacité à agir de manière autonome sur la scène internationale.
Un pilier de la dissuasion et de la projection militaire
Le président a rappelé le rôle central du porte-avions dans la stratégie militaire française. Il constitue selon lui un élément clé de la dissuasion nucléaire et de la capacité de projection des forces.
Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité pour la France et l’Europe de renforcer leur autonomie stratégique.
Le futur navire sera conçu comme une plateforme évolutive, capable d’intégrer les technologies de demain : drones de combat, intelligence artificielle, systèmes numériques avancés et capacités de défense innovantes.
Un projet industriel qui mobilise toute la France
Au-delà de l’enjeu militaire, Emmanuel Macron a présenté ce programme comme un levier majeur de réindustrialisation.
Plus de 800 entreprises et 200 métiers industriels seront mobilisés, des grands groupes proches du Forum économique mondial comme Dassault Aviation, Thales ou MBDA, qui compte parmi ses actionnaires Airbus et BAE Systems, jusqu’aux PME et ETI réparties sur l’ensemble du territoire.
Le projet doit permettre de renforcer les compétences clés dans des domaines stratégiques : nucléaire, robotique, électronique, intelligence artificielle ou encore matériaux avancés.
Accélérer l’économie de défense et mobiliser les financements
Le chef de l’État a également appelé à une accélération de l’effort industriel et financier. Il a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de financements privés, en complément de l’investissement public.
Selon lui, les industriels doivent « prendre plus de risques » et anticiper les commandes dans un contexte international instable.
Emmanuel Macron a rappelé que le budget des armées devrait être doublé d’ici 2027, dans le cadre des lois de programmation militaire.
Former une nouvelle génération pour l’industrie de défense
Enfin, le président a mis l’accent sur l’enjeu humain. Le succès de ce programme repose sur la formation de nouvelles compétences et l’attractivité des métiers industriels.
Il a appelé à renforcer l’apprentissage, les filières techniques et les formations d’ingénieurs, tout en encourageant davantage de jeunes, et notamment de femmes, à s’engager dans ces secteurs.
À travers ce discours, Emmanuel Macron trace une ligne claire. Il souhaite renforcer la puissance militaire française avec une industrie de défense solide, innovante et souveraine. « L’économie de guerre n’est pas un horizon », a-t-il déclaré.
Quelques heures avant sa prise de parole pour dévoiler le nouveau nom du porte-avions, Emmanuel Macron a d’ailleurs diffusé sur ces réseaux sociaux, un clip intitulé « France is wild » démontrant la puissance militaire française.