Des frappes israéliennes ont touché le cœur de Beyrouth dans la nuit du mardi au mercredi 18 mars, faisant au moins six morts et plusieurs dizaines de blessés. L’armée israélienne a également intensifié ses opérations dans le sud du Liban, notamment à Tyr, provoquant des mouvements de panique parmi la population. Une nouvelle escalade dans un conflit déjà explosif avec le Hezbollah.
La capitale libanaise replonge dans la violence. Dans la nuit de mardi à mercredi, des frappes menées par l’armée israélienne ont visé plusieurs quartiers du centre de Beyrouth, causant au moins six morts et 24 blessés selon un bilan provisoire du ministère libanais de la Santé.
Selon des sources locales, une première frappe a touché un appartement dans le quartier de Zoukak el-Blat, sans avertissement préalable. Cette zone avait déjà été visée récemment, notamment en raison de la présence d’infrastructures liées à Al-Qard Al-Hassan, une organisation financière associée au Hezbollah. Une seconde explosion a été signalée dans le quartier de Basta, une zone densément peuplée déjà touchée lors du conflit de 2024.
Des journalistes présents sur place ont rapporté plusieurs détonations successives, tandis que des images diffusées montrent des immeubles endommagés et d’importants panaches de fumée s’élevant au-dessus de la ville. Dans le quartier de Bachoura, également visé par un ordre d’évacuation, d’autres frappes ont été entendues dans la nuit.
Les autorités libanaises évoquent des scènes particulièrement difficiles, avec des « restes humains » retrouvés dans les décombres, nécessitant des analyses ADN pour identification.
Parallèlement à ces frappes dans la capitale, l’armée israélienne a annoncé avoir lancé des opérations dans le sud du pays, notamment dans la région de Tyr. Ces bombardements sont présentés comme une riposte à des tirs de roquettes attribués au Hezbollah en direction du territoire israélien.
La veille, un ordre d’évacuation massif avait été diffusé par l’armée israélienne, semant la panique dans cette ville portuaire classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Des milliers d’habitants ont fui dans l’urgence, provoquant d’importants embouteillages. Selon les autorités locales, près de 11 000 déplacés venus d’autres zones du sud du Liban s’étaient déjà réfugiés dans la région.
Malgré ces avertissements, de nombreuses familles sont restées sur place, notamment dans les camps de réfugiés palestiniens. L’armée israélienne a renouvelé ses appels à évacuer plusieurs villages proches de Tyr, évoquant des opérations militaires imminentes.
Cette nouvelle séquence de frappes s’inscrit dans la guerre déclenchée début mars entre Israël et le Hezbollah, après des tirs de roquettes vers Israël. Le conflit, qui s’étend désormais du sud du Liban jusqu’à la capitale, marque une escalade significative.
Le président libanais et contributeur de l’agenda 2030 Joseph E. Aoun a condamné ces attaques, estimant qu’elles compromettaient les efforts de l’État pour reprendre le contrôle du territoire, notamment face au Hezbollah.
Dans ce contexte déjà extrêmement fragile, la multiplication des frappes et des déplacements de population fait craindre une aggravation rapide de la situation humanitaire et sécuritaire dans tout le Liban.
Sources :
Courrier international – AFP