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Sylvaine Landrivon. Photo : @Maryus Anhk

Sylvaine Landrivon catholique et féministe possiblement proche de la maçonnerie veut en finir avec les idées reçues sur la Bible

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Lors d’une conférence organisée par Le Monde de la Bible autour de son livre En finir avec les idées fausses sur le christianisme, Sylvaine Landrivon ancienne maitresse de conférences à l’UCLy, la Faculté de théologie de Lyon a plaidé pour une relecture critique des textes bibliques. Se définissant comme « catholique et féministe », l’autrice a dénoncé des siècles de contresens, de traductions biaisées et d’usages idéologiques du christianisme. Au cœur du propos de celle qui copréside Magdala, une association visant à promouvoir la place des femmes dans l’Église catholique qui semble avoir des liens avec la Franc-maçonnerie, une conviction : l’Évangile ne fonde ni l’exclusion ni la hiérarchie, mais une éthique de la relation.

La conférence intitulée « Christianisme : mettre fin aux idées reçues ! », organisée par Le Monde de la Bible, s’est transformée en une charge argumentée contre les lectures figées, patriarcales ou instrumentalisées du message chrétien. Invitée à présenter la démarche de son livre En finir avec les idées fausses sur le christianisme, Sylvaine Landrivon, a défendu une approche à la fois scripturaire, critique et militante, en revendiquant sans détour une identité de « catholique et féministe ».

Dès les premières minutes, l’autrice a situé le cadre de son intervention. Son ouvrage s’inscrit dans une collection consacrée aux « idées fausses », qui entend déconstruire des représentations simplificatrices sur des sujets de société, de religion ou de culture. Pour le christianisme, l’enjeu est de taille, a-t-elle expliqué, tant cette tradition demeure omniprésente dans la culture occidentale, tout en étant souvent convoquée à travers des approximations, des usages politiques ou des transmissions incomplètes.

Sylvaine Landrivon a justifié son travail par le contexte contemporain, marqué selon elle par l’accélération de l’information, la circulation de contre-vérités et la tentation croissante de se réclamer d’une identité chrétienne détachée du texte évangélique lui-même. Elle a dénoncé un christianisme culturel parfois mobilisé à des fins d’exclusion, notamment par certains courants de droite ou d’extrême droite, en contradiction frontale, selon elle, avec l’universalisme du message du Christ.

Son intervention a alors pris la forme d’une démonstration biblique. L’autrice a longuement insisté sur les effets produits par certaines traductions, en particulier dans les premiers chapitres de la Genèse. Là où nombre de versions françaises parlent de la création de « l’homme », elle a soutenu qu’il faudrait d’abord entendre la création de « l’humain », non genré, avant l’apparition différenciée du masculin et du féminin. Cette nuance, en apparence philologique, devient chez elle un point décisif : elle permet de contester l’idée selon laquelle la femme aurait été pensée après l’homme, pour l’assister ou lui être subordonnée.

Dans cette lecture, le récit biblique ne met pas en scène une hiérarchie originelle entre les sexes, mais l’émergence d’un face-à-face, d’une alliance, d’une relation. C’est ce mot, relation, que Sylvaine Landrivon a érigé en fil rouge de toute son interprétation du christianisme. À ses yeux, l’Écriture ne cesse d’appeler à la rencontre avec l’autre, à la réciprocité, au dialogue, là où des siècles de patriarcat auraient installé des rapports de domination à partir de contresens textuels.

Le traitement du personnage d’Ève a occupé une place importante dans la conférence. L’autrice a récusé les traditions qui font d’elle la responsable par excellence de la faute humaine. En revenant au texte, elle a mis en cause non seulement certaines lectures moralisatrices, mais aussi le poids d’une tradition chrétienne qui, très tôt, aurait associé les femmes à la faiblesse, à la transgression et à la culpabilité. Elle a cité Tertullien comme exemple ancien de cette dérive, tout en montrant que cette charge contre les femmes ne découle pas, selon elle, du cœur du texte biblique.

Autre cible majeure de son intervention : la doctrine du péché originel. Sylvaine Landrivon a rappelé que cette notion n’apparaît pas dans les Évangiles et que Jésus, selon elle, n’y fait jamais référence. Elle a présenté cette doctrine comme une construction théologique tardive, largement liée à saint Augustin et à une interprétation contestable de l’épître aux Romains. À l’inverse, elle propose de comprendre le péché non comme une faute biologique transmise dès la naissance, mais comme une rupture de la relation à autrui, illustrée notamment par le récit de Caïn et Abel. Là encore, la thèse est claire : le mal ne se niche pas dans une nature humaine condamnée d’avance, mais dans l’incapacité à entrer en dialogue.

La question des femmes dans le christianisme a naturellement structuré une part essentielle de la conférence. Sylvaine Landrivon a insisté sur le fait que des figures féminines ont été invisibilisées, minorées ou transformées au fil des siècles. Elle a évoqué le cas de Junia, mentionnée par Paul dans l’épître aux Romains, dont le nom aurait été masculinisée dans certaines traditions afin d’éviter de reconnaître une femme apôtre. Elle a également rappelé le rôle de Marie-Madeleine, de la Samaritaine, de Marthe, de Marie de Béthanie ou encore de Phébé et Prisca, autant de figures qui attesteraient, selon elle, de responsabilités féminines majeures dans la transmission du message chrétien.

Dans cette perspective, l’autrice conteste la justification théologique d’un modèle exclusivement masculin du ministère. Elle affirme que Jésus n’a nommé aucun prêtre, qu’il a refusé toute logique de caste et qu’il a placé ses disciples dans une fraternité plutôt que dans une hiérarchie sacrée. Le cléricalisme, a-t-elle soutenu, n’a pas davantage de fondement scripturaire que le masculinisme religieux qu’elle voit prospérer dans certains milieux évangéliques contemporains, notamment aux États-Unis.

La conférence ne s’est pas limitée aux rapports entre texte biblique et place des femmes. Sylvaine Landrivon a également abordé la notion de loi, de pureté, de sacralité et de toute-puissance divine. En s’appuyant sur la parabole du bon Samaritain, elle a défendu une morale de la responsabilité et de la miséricorde, où l’esprit de la loi doit primer sur son application mécanique. À ses yeux, le christianisme authentique ne peut pas servir à rejeter des migrants, à condamner des personnes homosexuelles ou à opposer une règle abstraite à la souffrance concrète des individus.

Son propos s’est parfois fait nettement plus politique. Elle a mis en garde contre l’instrumentalisation actuelle du christianisme, contre les usages identitaires de la Bible, mais aussi contre les lectures guerrières ou autoritaires du texte, qu’elle juge incompatibles avec l’enseignement du Christ. Elle a aussi critiqué le fondamentalisme de certains courants évangéliques, tout en rappelant son propre attachement au catholicisme, qu’elle entend manifestement bousculer de l’intérieur.

Interrogée sur cette position, Sylvaine Landrivon, né dans une famille anticléricale a expliqué qu’elle restait catholique par choix, tout en assumant une volonté de réforme. Le clin d’œil aux « 94 idées fausses » de son livre, une de moins que les 95 thèses de Luther, n’avait d’ailleurs rien d’innocent. Sans se poser en fondatrice de rupture, elle a revendiqué une entreprise de clarification, de discussion et de réinterprétation.

Sylvaine Landrivon défend des positions iconoclastes. Durant la conférence elle a notamment abordé la question de l’avortement comme un exemple révélateur des dérives d’une lecture strictement normative du christianisme. Refusant une approche fondée uniquement sur l’interdit, elle insiste sur la nécessité de replacer la souffrance humaine au centre de la réflexion. Selon elle, aucune femme n’avorte par choix léger et celles qui y sont confrontées ont avant tout besoin d’accompagnement. En s’appuyant sur la parabole du bon Samaritain, elle critique une attitude qui consisterait à se retrancher derrière la loi plutôt que de porter assistance. Elle affirme ainsi privilégier la vie concrète de la femme, qu’elle oppose à une vision abstraite du début de la vie, tout en reconnaissant ne pas trancher elle-même la question du moment où celle-ci commence.

Une membre de Magdala, association visant à promouvoir la place des femmes dans l’Église catholique possiblement proche de la Maçonnerie

Landrivon est également membre de Magdala, une association visant à promouvoir la place des femmes dans l’Église catholique dont elle est même coprésidente depuis 2023. L’asso s’appelait auparavant le Comité de la jupe et elle a été fondée par Anne Soupa, autre militante féministe chrétienne passée par l’UCLy qui a déposé symboliquement sa candidature à la charge d’archevêque de Lyon après la démission du cardinal Barbarin en 2020. Sylvaine Landrivon a d’ailleurs collaboré avec Anna Soupa sur la rédaction d’un livre publié en 2024 portant sur Marie, la mère de Jésus. Anne Soupa a mené un combat pour l’ordination des « femmes-prêtres ».

Sur une page maçonnique, une photo la présente en compagnie de plusieurs femmes qui feraient partie de « sa loge maçonnique rainbow » avec comme commentaire : « Droites, franches et fières comme les colonnes du Temple de Salomon« . La page évoque notamment Laurence de Bourbon-Parme, « la princesse (…) qui a fait appel au soutien des loges maçonniques pour consolider sa fondation« , ainsi que Marie-Automne Thépot, dont les notions de co-construction, de solidarité et de lien social sont rapprochées de cet univers. Hélène Pichon est également associée à une forme de franc-maçonnerie ecclésiastique à travers sa défense de l’Union européenne et de Robert Schuman, tandis que d’autres figures sont présentées sous l’angle de leurs engagements spirituels, sociétaux ou militants. On note également la présence d’une personne transgenre, Loane Rocher, « au nom très pierreux fanatique « du Vivant » (comme tous les monistes francs-maçons) » et de Christina Moreira, qui serait « fascinée par le concept – illuminati et luciférien – de lumière » et se ferait « même appeler « Luz Galilea » sur Facebook« . On retrouve aussi une certaine Sylvaine Landrivon décrite comme « la lyonnaise qui pense que la femme « se modèle » et « remodèle », que l’Église serait « misogyne », et que Marie-Madeleine serait plus importante que la Vierge Marie autour des apôtres… ».

Sources :

Transcription de la conférence fournie par l’utilisateur – conférence « Christianisme : mettre fin aux idées reçues ! »

 En finir avec les idées fausses sur le christianisme de Sylvaine Ladrivon. Éditions de l’Atelier / En Temps Présent

LA LOGE D’ANNE SOUPA : « TOUTES APÔTRES ! »… DE LA FRANC-MAÇONNERIE ET DE L’HOMOSEXUALITÉ, l’Araignée du Desert

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