À quelques jours du second tour des élections municipales de 2026, la question des alliances à gauche continue de susciter de vives tensions. Interrogé à plusieurs reprises sur une éventuelle fusion avec La France insoumise (LFI), le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a réaffirmé aujourd’hui avec fermeté son refus de toute alliance.
Lors d’une déclaration à la presse, l’ancien premier adjoint à la maire sortante, la contributrice de l’agenda 2030 Anne Hidalgo a expliqué avoir été interrogé « douze mille fois » sur la possibilité d’un rapprochement avec le mouvement de Jean‑Luc Mélenchon. Sa réponse, dit-il, est restée la même tout au long de la campagne : « non » .
Une pression d’une partie de l’électorat de gauche
Selon Emmanuel Grégoire, de nombreux électeurs de gauche lui ont écrit depuis les résultats du premier tour. Certains s’inquiètent de voir la capitale basculer à droite et appellent à une union avec LFI pour empêcher ce scénario.
Mais le candidat socialiste affirme recevoir également de nombreux messages allant dans le sens inverse. « Bien plus de messages encore d’électeurs me disent surtout ne vous alliez pas avec LFI, sinon on ne votera pas pour vous », explique-t-il.
Cette situation illustre, selon lui, les tensions internes qui traversent la gauche parisienne. « Nous vivons dans ces contradictions-là », estime-t-il, évoquant les dilemmes stratégiques auxquels sont confrontées les forces progressistes dans l’entre-deux-tours.
Un refus présenté comme un choix politique et éthique
Pour Emmanuel Grégoire, la question ne relève pas seulement d’un calcul électoral. Il affirme faire « un choix d’éthique et de vérité ». Le candidat rappelle que l’alliance qu’il porte s’est construite avant le premier tour et qu’il a toujours indiqué qu’elle ne comprendrait pas LFI.
Il souligne également la dureté des attaques venues du camp insoumis pendant la campagne. Selon lui, les responsables de LFI ont multiplié « des insultes extrêmement brutales » visant à la fois son projet politique et sa personne.
« Dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit »
Dans ce contexte, Emmanuel Grégoire affirme vouloir rester fidèle à la ligne qu’il a défendue devant les électeurs. « En politique, il faut dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit », insiste-t-il.
Cette position pourrait peser sur la configuration du second tour dans la capitale. L’absence d’accord entre les socialistes et La France insoumise pourrait fragmenter l’électorat de gauche, tandis que les forces de droite espèrent profiter de ces divisions.
À quelques jours du scrutin décisif, la stratégie d’Emmanuel Grégoire confirme en tout cas une ligne claire : maintenir son cap, même au prix d’une gauche parisienne profondément divisée.